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L'Azerbaïdjan commémore le "Black January"

L’Azerbaïdjan a commémoré, lundi, le "Black January" et les 147 personnes, dont des femmes et des enfants, tués par l'armée soviétique le 20 janvier 1990. Cet événement a été un tournant pour le pays, qui a déclaré son indépendance un an et demi plus tard, le 30 août 1991.

Un peu d'histoire

Depuis 1988, les Arméniens intensifient leurs activités pour séparer la région du Haut-Karabakh de l'Azerbaïdjan. En décembre 1989, le Conseil suprême de la République soviétique décide d'annexer cette région à l'Arménie.

Une décision mal perçue par l'Azerbaïdjan. Des centaines de milliers de personnes manifestent à Bakou pour protester contre le gouvernement soviétique et les demandes croissantes de terres des Arméniens. Des manifestations qui perturbent la gestion soviétique. Pour les contenir, la décision a été prise de déployer une armée à Bakou.

Le 19 janvier 1990, en soirée, plus de 26 000 soldats entrent, à bord de leurs véhicules blindés, à Bakou. Ces derniers tirent alors sur des civiles non-armés qui tentaient de les arrêter. Beaucoup sont écrasés. Les ambulances ont également été prises pour cible. Cette nuit-là, 130 civiles perdent la vie.

L'armée soviétique continue le massacre dans plusieurs autres villes du pays : Neftchala et Lankaran. Au total, 147 personnes sont tuées, quelque 744 autres sont blessées et environ 400 personnes sont faites prisonniers par l'armée soviétique.

Bien que l'état d'urgence ait été déclaré par l'administration soviétique dans la ville de Bakou, et que la ville ait été entièrement contrôlée par l’armée soviétique, les habitants retournent dans les rues pour enterrer leurs martyrs.

Le massacre du "Black January" a ébranlé la confiance du peuple azerbaïdjanais dans l'administration soviétique, et le processus menant à l'indépendance du pays a pu commencer.