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Au Bangladesh, les funérailles religieuses d'une prostituée font tomber un tabou

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Au Bangladesh, les funérailles religieuses d'une prostituée font tomber un tabou
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Daulatdia, c'est le nom de la plus grande maison close du Bangladesh. Formé de milliers de bicoques, ce quartier chaud situé à une centaine de kilomètres de Dacca compte 1200 prostituées. Ce lieu a beau être autorisé dans un pays où la prostitution est légale, ses travailleuses vivent en parias. Et lorsqu'elles meurent, leurs dépouilles sont discrètement déposées dans des tombes anonymes. Mais début février, pour la première fois, ces femmes ont obtenu que l'une d'elles ait un service religieux digne de ce nom, grâce au soutien du chef de la police locale.

« J'ai voulu les aider à organiser un enterrement selon les règles de l'Islam, explique Ashiqur Rahman. J'ai appelé le conseiller local et environ 250 personnes ont assisté aux funérailles. Mais au départ, l'imam ne voulait pas venir, il disait ne pas vouloir diriger les prières pour une travailleuse du sexe. Alors je suis allé le voir et je lui ai demandé pourquoi il ne pouvait pas le faire. Qui sommes-nous pour juger les pêchers ou les bonnes actions de la défunte. C'est au Tout-Puissant de le faire. »

« Des droits en tant qu'êtres humains »

« Nous avons des droits en tant qu'être humains, que citoyennes de ce pays et membres à part entière de la société, se félicite Juhmur Begum, qui représente les travailleuses du sexe de Daulatdia. C'est un droit que nous attendions depuis très longtemps. Tout ce que nous vivions jusque-là, c'était l'oppression, rien de plus. »

Peut-être la fin d'un tabou et le début d'une reconnaissance. Les autorités locales l'assurent. Les funérailles religieuses seront désormais instaurées pour ces femmes habituées à vivre et à mourir en marge de la société.