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Nouveau coronavirus : la Chine appelle à une "action commune"

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Nouveau coronavirus : la Chine appelle à une "action commune"
Tous droits réservés  Liang Xiaopeng/Xinhua via AP   -   Liang Xiaopeng
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Le ministre chinois des Affaires étrangères a appelé jeudi 13 février la communauté internationale à une "action commune" pour lutter contre le nouveau coronavirus en marge d'une conférence de presse à Berlin.

Son homologue allemand a pour sa part déclaré que l'Allemagne était prête à aider "du mieux qu'elle peut" la Chine, tout en remerciant Pékin pour sa coopération dans l'évacuation des ressortissants allemands de Wuhan.

Le bilan de l'épidémie du nouveau coronavirus, révisé par la Chine en raison de "doublons", approchait vendredi 1400 morts, tandis que les Etats-Unis déploraient un "manque de transparence" de la part de Pékin.

Près de 64 000 cas de contamination ont désormais été enregistrés en Chine continentale (hors Hong Kong et Macao), selon des chiffres officiels, marquant une explosion ces deux derniers jours en raison d'une définition élargie des cas d'infection.

La Commission nationale chinoise de la santé, qui fait office de ministère, a fait état vendredi de 121 nouveaux décès dans le pays sur les dernières 24 heures, mais tout en retranchant du bilan national 108 morts préalablement recensés dans la province du Hubei (centre), épicentre de l'épidémie.

Elle justifie cette révision par des "doublons dans les statistiques", constatés après "vérification". Le bilan national a par conséquent été ramené à 1380 morts.

Washington prend ses distances

Après avoir initialement félicité Pékin pour son "travail très professionnel" face à l'épidémie, la Maison Blanche a pris ostensiblement ses distances jeudi.

"Nous sommes un peu déçus du manque de transparence de la part des Chinois", s'est désolé devant la presse Larry Kudlow, le principal conseiller économique du président Donald Trump. "Est-ce que le bureau politique (l'instance dirigeante du Parti communiste, NDLR) est vraiment honnête avec nous ?".

Il a notamment regretté que Pékin ait décliné les propositions insistantes de Washington d'envoyer des experts américains en Chine : les autorités chinoises "ne nous laissent pas y aller", a insisté M. Kudlow.

Nouvelle définition

Ces critiques américaines interviennent alors que les autorités sanitaires du Hubei ont annoncé jeudi à la surprise générale un élargissement de leur définition des personnes atteintes de pneumonie virale Covid-19.

Jusqu'à présent, un test de dépistage à l'acide nucléique était indispensable pour déclarer un cas "confirmé". Dorénavant, les patients "diagnostiqués cliniquement", notamment avec une simple radio pulmonaire, seront aussi comptabilisés.

Cette nouvelle méthode a automatiquement gonflé le nombre de morts et de personnes officiellement infectées, avec l'annonce jeudi d'une envolée de plus de 15 000 nouveaux cas de contamination, et vendredi plus de 5000.

Ces chiffres dépeignent une situation plus grave que rapporté jusqu'à présent, mais "ne représente(nt) pas un changement significatif de la trajectoire de l'épidémie", a tempéré le chef du département des urgences sanitaires de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Michael Ryan.

Avec cette nouvelle méthode, les autorités du Hubei soulignent surtout leur volonté de faire bénéficier au plus vite les patients d'un traitement - une solution qui a reçu l'approbation de l'OMS.

Pour autant, les chiffres annoncés jeudi tranchaient fortement avec ceux de la veille, lorsque la Chine avait fait état du plus faible nombre de nouvelles contaminations en près de deux semaines.

La ville de Wuhan, où est apparu en décembre le nouveau coronavirus, et la province environnante du Hubei restent de facto coupées du monde depuis plus de trois semaines.