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Chaleur en janvier en Europe et prévention des feux au Portugal : un nouveau point sur le climat

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Chaleur en janvier en Europe et prévention des feux au Portugal : un nouveau point sur le climat
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Le Service Copernicus concernant le changement climatique (C3S) a publié ses données pour le mois de janvier. Elles attestent de nouveau, d'une chaleur exceptionnelle pour cette époque de l'année en Europe : le mois de janvier 2020 a été le plus chaud jamais enregistré avec des températures supérieures de 3,1°C par rapport à la période allant de 1981 à 2010.

En Europe, de manière générale, il a fait aussi plus sec que la moyenne sauf en Norvège et dans les régions du nord de l'Espagne et du sud de la France.

Au niveau mondial, la température en janvier a été la plus élevée jamais enregistrée pour ce mois. Elle a été supérieure de 0,03°C par rapport à janvier 2016.

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Anomalies de température

Dans le détail, sur une carte des anomalies de la température de l'air en surface en janvier qui englobe l'Europe jusqu'au Japon, on constate effectivement qu'en Europe, il a fait plus chaud.

Mais au centre de la carte, dans la région de Moscou par exemple, la température a été plus élevée de 9,4 degrés par rapport à la moyenne pour ce mois. Et plus à l'Est, on était même à + 12 degrés dans certaines zones.

Il est bon de rappeler qu'en Europe, il existe une importante variabilité saisonnière pendant l'hiver et que des régions de l'hémisphère Nord comme l'Alaska ont enregistré en janvier, des températures inférieures de 4,7 degrés par rapport à la moyenne.

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Feux de brousse en Australie

Parmi les dernières images délivrées du Service Copernicus, certaines se rapportent aux feux de forêt à travers le monde.

En janvier notamment, l'Australie a été frappée par de terribles incendies de ce type sur fond de sécheresse et de canicule exceptionnelles.

Si nous mettons en parallèle deux images satellite, l'une prise avant les feux et l'autres après, on constate avec les zones en marron , l'ampleur des terres détruites par les flammes.

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Comment le Portugal s'adapte à l'intensification des feux de forêt

Selon les projections, le changement climatique renforce le risque de feux de forêt même si le lien entre les deux est complexe.

Que fait-on en Europe pour s'adapter ? Notre journaliste Lindsay Rempell s'est rendue au Portugal pour voir quelles actions y sont menées.

Dans le centre du pays, dans la région de Pedrógão Grande, de nombreuses forêts sont meurtries. Les séquelles des incendies qui ont ravagé cette région portugaise en 2017 restent visibles. Cet été-là, le pays a enduré l'une de ses pires saisons des feux jamais connues.

Plus d'une centaine de personnes ont péri ; trente d'entre elles le long de cette route, près du village de Pedrógão Grande.

Pedro Pedrosa, représentant de la communauté, se souvient : _"On a été encerclé par les flammes pendant cinq heures, on défendait nos maisons et notre village." _

Le lien complexe avec le changement climatique

Selon cet habitant, les feux de 2017 ont ouvert les yeux de la population locale sur le changement climatique et la nécessité de passer à l'action.

"On pense que tout cela est lié au changement climatique parce que ces événements sont de plus en plus fréquents et ils vont encore se produire dans l'avenir, c'est sûr," dit-il avant d'ajouter : "C'est notamment pour cette raison qu'on a décidé d'agir parce que si on veut continuer à vivre dans une région comme celle-ci, on doit se préparer."

Une tâche qui s'annonce considérable à l'heure où la planète se réchauffe et où la saison des feux de forêt s'allonge et s'intensifie au Portugal.

Aujourd'hui, la réglementation prévoit l'abattage des arbres sur dix mètres le long des routes pour stopper la propagation des flammes.

Sur les terrains privés proportionnellement très nombreux au Portugal (dans ce pays, 97% des terres sont des propriétés privées - le plus fort taux de l'Union européenne -), si les propriétaires ne défrichent pas leur parcelle, c'est le nouveau service rural des incendies qui intervient.

Débroussaillage et incendies préventifs

Autre renfort plus inattendu : les chèvres de Joao Pedro. En maintenant l'herbe courte, elles rendent la végétation moins inflammable. Il ne s'agit pour l'instant que d'un programme pilote, mais des expériences similaires sont menées dans tout le pays.

Et là où les chèvres et les tronçonneuses ne suffisent pas, le Portugal lutte contre le feu... par le feu !

"Le feu nous est utile," indique Tiago Oliveira, chef du service rural des incendies portugais, avant de tempérer : "Mais il est clair que l'été, il devient notre ennemi ; donc on doit l'employer à bon escient pendant l'hiver."

Près de Pedrógão Grande, les pompiers ruraux ont déclenché un incendie préventif : ils enflamment la forêt en cette saison pour qu'elle ne se transforme pas en poudrière lors d'un feu cet été.

"Nous devons exploiter toutes les opportunités pendant l'hiver, le printemps et l'automne pour faire tout ce que nous pouvons en matière de prévention : traiter les terres grâce aux moutons, au débroussaillage, aux incendies préventifs, etc." énumère Tiago Oliveira. "Donc si on peut devancer le feu plutôt que courir après lui, on sera du côté de la sécurité," affirme-t-il.

Pour lui, la question n'est pas de savoir si, mais plutôt quand le Portugal brûlera de nouveau. Et en préparant le pays à faire face à cette nouvelle norme, il estime qu'il peut y avoir une chance de sauver des maisons et des vies.