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À Samos, les habitants inquiets d'un nouvel afflux de migrants

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À Samos, les habitants inquiets d'un nouvel afflux de migrants
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Les conditions météorologiques sont telles ce week-end que peu de migrants ont tenté la traversée. Mais les habitants de Samos le savent, la décision de la Turquie d'ouvrir ses frontières sera lourde de conséquences pour cette île grecque qui est l'une des plus exposées. Or elle accueille déjà 8000 migrants et les autorités locales assurent ne plus parvenir à faire face.

« Samos et les îles de la mer Égée orientale ne peuvent plus porter seules ce fardeau, martèle Manolis Carlas, membre du conseil régional_. Elles devraient uniquement être des zones de transit. Les migrants qui arrivent ici devraient être enregistrés et partir. Le gouvernement doit avoir cela à l'esprit, il doit s'occuper de ce problème et alerter les organisations internationales et l'Europe. »_

La nouvelle de l'ouverture de la frontière turque vendredi a fait l'effet d'une bombe dans les îles du nord-est de la mer Égée. À Samos, les autorités locales craignent que l'île ne revive un afflux similaire à celui de l'été 2015. Et les résidents de la petite localité de Mitilinii ont un autre motif de préoccupation...

Sur la route qui mène à Mitilinii, des habitants ont organisé un blocage et se relaient jour et nuit pour le maintenir. À l'entrée de ce village de 2000 âmes, la construction d'un camp de rétention de migrants est en cours et le gouvernement a décidé d'augmenter sa capacité, suscitant la fureur de la population.

« Nous ne pouvons pas permettre que cet endroit devienne un hotspot géant de migrants, s'insurge Giannis Vetas, une résident qui participe au blocage. On nous dit que plus d'un million de personnes convergent vers la côte turque, bien décidées à traverser la mer. Où est-ce que tous ces gens vont aller ? »

Le chantier a été temporairement suspendu mais aucun plan B n'est envisagé. La communauté locale dit avoir été trompée par le gouvernement.

« Alors que le gouvernement nous a déjà fait accepter un nouveau camp d'une capacité de 1200 personnes, maintenant ils veulent aller plus loin et réquisitionner davantage de terrains, explique Giorgios Eleftheroglou, le chef du conseil municipal_. Au total, le camp couvrira plus de 100 hectares. Avec un camp de cette taille et au rythme où vont les arrivées de migrants chaque jour, cet endroit sera très vite rempli de tentes. »_

À Athènes, le gouvernement l'assure : le nouveau camp de migrants sera prêt d'ici quelques semaines.