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Migrants à la frontière turco-grecque : des enfants privés d'innocence

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Migrants à la frontière turco-grecque : des enfants privés d'innocence
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Plus d'une semaine à présent que des migrants et demandeurs d'asile se sont pressés aux portes des frontières turques, séparant le pays de la Grèce.

Syriens, iraniens, seuls ou en famille, ils ont pris tout ce qu'ils avaient de plus précieux pour quitter la réalité de la guerre et ses après coups.

Parmi ces migrants, les enfants n'ont pas eu d'autres choix que de suivre leurs parents. Arrachés eux aussi à leurs racines, ils sont aujourd'hui coincés aux portes de la Grèce.

Devant le téléphone portable de Yousouf, demandeur d'asile syrien, les enfants scandent ces mots.

"Europa please", "Europe s’il vous plaît" ! Un cri du cœur, hurlé par les plus jeunes et les plus vulnérables membres de cette communauté que personne ne veut accueillir.

Selon l’ONU, les enfants représentent plus de la moitié des populations de réfugiés sur la route. Ils font face à des risques inconsidérés.

À la frontière gréco-turque, les familles n'ont pas accès aux aliments les plus basiques.

SOT 1 : Dünya al-Alawish – Syrienne, demandeuse d’asile

« Nous avons besoin de nourriture. Les enfants ont faim. Il nous faut du lait, des aliments pour bébés. »

Dunya est partit pour l’Allemagne seule avec ses cinq enfants après avoir perdu son mari pendant la guerre en Syrie.

Aujourd’hui elle est bloquée dans cette zone tampon à la frontière entre la Turquie et la Grèce

Elle décrit des conditions extrêmes surtout pour les enfants

« Ils pleurent sans arrêt. Tout est sale. Pourquoi la vie est si dure ? Si Dieu le veut l’Allemagne s’ouvrira... Angela Merkel aide-nous, aide-nous nous sommes fatigués, nous n’en pouvons plus. » dit-elle.

L’Allemagne est prête à accueillir des enfants réfugiés provenant de Grèce. Toutefois, elle n’a pas encore précisé si ceux restés bloquer du côté turc de la frontière seraient considérés.

Onur Kutay Ozerturk, membre de l'organisation caritative internationale le Croissant Rouge turc déplore la situation de ces enfants.

« Malheureusement, en situation de crise comme celle-ci, ils n’ont pas d’enfance. Ils ne peuvent ni se comporter ni vivre comme des enfants. \_On attend d’eux qu’ils assument des responsabilités d’adulte, comme transporter les biens de la famille, travailler et bien d'autres»_

Ces enfants déracinés et contraints à se déplacer font face à une ironie cruelle.

Car s’ils fuient des situations difficiles où leur vie est en danger, ils risquent chaque jour des dangers physique et psychologique qui pourraient réduire leurs chances d'avoir un meilleur futur.