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Coronavirus : des salariés français veulent exercer leur "droit de retrait"

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Une caissière porte un masque dans un supermarché à Montpellier, le 30 mars 2020
Une caissière porte un masque dans un supermarché à Montpellier, le 30 mars 2020   -   Tous droits réservés  Pascal Guyot, AFP
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Dans des secteurs comme la grande distribution ou les transports, pour ne citer qu'eux, l'inquiétude des salariés grandit face au coronavirus.

Difficile pour ces salariés de Carrefour de suivre ce qui a été le slogan de l’enseigne et de "positiver", en période de crise sanitaire.

Alors que la France est confinée depuis presque deux semaines, ces salariés ont choisi de poursuivre leur travail, essentiel pour les habitants de Vitrolles et des environs des Bouches-du-Rhône, dans le sud du pays.

Mais cette fois c'est trop. Certains ont décidé d'exercer leur "droit de retrait", inscrit dans le code du travail français, et utilisable en cas de "danger grave et imminent".

"On exerce notre droit de retrait aujourd'hui parce qu'on a la goutte d'eau qui fait déborder le vase", explique ce responsable syndical CGT. "On a un collègue en réanimation. On a beaucoup de cas qui commencent à se multiplier dans l'entreprise. Des cas suspectés et des cas avérés. On est dans une situation où l'ensemble des salariés qui étaient là dès 3h du matin, on était à peu près 150 jusqu'à maintenant, on exerce notre droit de retrait, parce qu'on a la boule au ventre."

"Nous avons l'impression qu'on nous envoie au front"

Le syndicat CGT réclame des "mesures d'hygiène et de protection" jugées insuffisantes jusqu'ici. "On a aucun masque, aucun moyen de se protéger, pas de gant, on manque de gel hydroalcoolique. On manque de tout en fait. Nous avons l'impression, tous les salariés confondus, qu'on nous envoie au front, sans fusil et sans casque", explique ce salarié.

Selon Fati Poucel, représentante CGT, les employés ont aussi demandé la fermeture du rayon électroménager et bricolage, alors que certains clients viennent acheter des produits qui ne sont pas tout à fait "de première nécessité".

"Nous avons l'impression, tous les salariés confondus, qu'on nous envoie au front, sans fusil et sans casque"
Un salarié d'un supermarché

"Si notre droit de retrait nous est refusé, alors nous exercerons notre droit de grève", ont mis en garde les responsables CGT. Le magasin était toutefois ouvert lundi, avec quatre caisses tenues par des personnes en CDD, selon la CGT.

Carrefour, de son côté, assure mettre tout en oeuvre pour faire respecter les mesures de protection et assure avoir reçu lundi deux millions de masques pour ses différents sites et entrepôts.

Les routiers également inquiets

La grande distribution n'est pas le seul secteur qui menace d'exercer son droit de retrait.

Plusieurs syndicats du transport routier ont appelé les chauffeurs à exercer "individuellement" le leur à partir de ce lundi en cas de "manquements" aux mesures de protection contre le virus.

Les représentants syndicats demandent notamment "l'arrêt des transports non essentiels", la "réquisition des aires de repos, stations-service, restaurants routiers" et, pour les transports sanitaires, "des protections aussi importantes que les urgentistes".

La branche du transport-logistique emploie quelque 750 000 personnes en France. Selon les remontés de FO, elle compte 1 500 contaminés et a enregistré cinq décès.