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Masques de protection : Emmanuel Macron souhaite que la France retrouve son indépendance

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Emmanuel Macron donne un discours depuis une usine de production de masques chirurgicaux le 21 mars 2020
Emmanuel Macron donne un discours depuis une usine de production de masques chirurgicaux le 21 mars 2020   -   Tous droits réservés  Loic Venance, AP
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La France a commandé plus d'un milliard de masques alors que les stocks manquent en pleine crise du coronavirus.

C'est le constat qui cristallise les critiques et les inquiétudes en France : alors que le nombre de personnes hospitalisées ne cesse d'augmenter, les masques de protection manquent cruellement dans notre pays.

Les personnels soignants, en première ligne, en réclament davantage alors que la pandémie de coronavirus n'a pas encore atteint son pic et que de nombreux patients affluent dans les services d'urgences et de réanimation.

"Je veux que d'ici la fin de la fin de l'année, nous ayons obtenu cette indépendance pleine et entière"
Emmanuel Macron
Président français

En visite chez l'un des principaux fabricants français ce mardi, le président Emmanuel Macron a voulu prendre le taureau par les cornes.

"Avant la crise, nous produisions en France 3,3 millions de masques par semaine. Fin avril, nous serons à plus de 10 millions. Nous aurons plus que triplé en quelques semaines et nous continuerons cet effort pour continuer la multiplication de nos capacités de production. Et je veux que d'ici la fin de l'année, nous ayons obtenu justement cette indépendance pleine et entière", a-t-il déclaré.

Mais où sont passés les masques ?

Une déclaration tranchée alors que le gouvernement a été accusé, notamment par des membres de l'opposition, de ne pas avoir anticipé suffisamment la crise.

La réalité est simple : les masques manquent en France, mais depuis un certain temps déjà. Le pays disposait à la fin des années 2000 d'un stock important : 1 milliard de masques chirurgicaux et environ 700 millions de masques FFP2, selon un rapport du Sénat de 2009.

Le ministre de la Santé Olivier Véran avait indiqué il y a une dizaine de jours que les stocks d'Etat n'étaient plus composés que de "117 millions de masques chirurgicaux" et d'"aucun stock d'Etat stratégique pour les masques FFP2".

Au fil des dix dernières années, la France, échaudée par les sur-stocks à la suite de la crise de la grippe H1N1, avait fait le choix de ne pas renouveler certains stocks.

Résultat, la France est obligée d'importer ces masques, notamment de Chine. Ce qui est en train d'être fait. Plus d'un milliard de masques a été commandé. Les premiers vols sont arrivés et d'autres sont prévus, grâce à un pont aérien mis en place avec Pékin.

"Nous avons passé toutes les commandes possibles"

Problème : la France n'est pas le seul à avoir besoin de matériel médical en urgence : "Posez la question à nos voisins allemands, italiens, espagnols, anglais, hollandais, belges, suisses : tout le monde recherche les mêmes matériaux au même moment", a déclaré à l'Assemblée ce mercredi le ministre français de la Santé Olivier Véran.

"Ces matériaux sont massivement fabriqués dans un pays, la Chine, qui a été percutée par l'épidémie un mois avant nous. Les usines se sont arrêtées. Avant mêmes que les usines aient reprises, nous avons passé toutes les commandes possibles pour être les premiers", s'est-il défendu face aux critiques.

Le 21 mars, Olivier Véran avait déjà assuré que l'Etat avait pris ses dispositions très tôt : "C’est parce que nous avons, dès le début, considéré que la disponibilité en masques allait être une difficulté dans la gestion de cette crise qu’il a été décidé de recourir dès le mois de janvier à l’importation de masques, en provenance de tous les pays producteurs, avant même les premiers cas sur le territoire national", avait-il déclaré.

Le pays a d'ores et déjà passé "des commandes supplémentaires", selon Emmanuel Macron. Car les besoins sont immenses : au moins 40 millions de masques sont nécessaires chaque semaine en France pour faire face à l'épidémie de coronavirus.