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Coronavirus : plus de 10 000 morts en France, le confinement se durcit localement

Inhumation dans le cimetière d'Aix-en-Provence, dans le sud de la France, le 7 avril 2020.
Inhumation dans le cimetière d'Aix-en-Provence, dans le sud de la France, le 7 avril 2020.   -   Tous droits réservés  CLEMENT MAHOUDEAU/AFP or licensors
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En France, plus de trois semaines après le début du confinement dû à la pandémie de Covid-19, le nombre total des décès a franchi le seuil des 10 000 victimes, selon le dernier bilan communiqué par Jérôme Salomon, le directeur général de la Santé.

Au total depuis le 1er mars, l’épidémie de coronavirus a fait 10 328‬ morts dans l'Hexagone, 7 091 en milieu hospitalier et 3 902 dans les établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) ou autres établissements médico-sociaux.

Les décès dans les hôpitaux ont progressé de 607 lors des dernières 24 heures, soit le nombre quotidien le plus important depuis le début de l'épidémie. Le bilan dans les Ehpad et autres établissements médico-sociaux a, lui, augmenté de 820 décès par rapport à celui communiqué lundi, mais ce bond est sans doute "lié à un retard de saisie et au fait qu'on sort d'un week-end" a souligné Jérôme Salomon lors de sa conférence de presse quotidienne sur évolution de la situation. Les bilans en Ehpad n'ont commencé à être comptabilisés que début avril.

Le directeur général de la Santé a également indiqué que 7 131 personnes, des cas graves, sont actuellement en réanimation sur un total de 30 027 hospitalisations.

Enfin à ce jour, 109 069 cas confirmés de Covid-19 ont été répertoriés sur l'ensemble du territoire français. 78 167 l'ont été dans les hôpitaux du pays et 30 092 dans les établissements sociaux et médico-sociaux, selon les dernières données communiquées par Santé publique France.

Revoir la conférence de presse de Jérôme Salomon :

La France semble ne pas avoir atteint le pic de l'épidémie alors que le pays entame sa quatrième semaine de confinement. Dans ce contexte, des mesures locales de durcissement du confinement ont été prises.

La maire de Paris Anne Hidalgo et le préfet de police Didier Lallement ont annoncé mardi matin l'interdiction de toute activité sportive individuelle dans la capitale entre 10h et 19h à partir de mercredi. Les images de Parisiens courant le long du canal Saint-Martin ou se promenant en trop grand nombre dans les rues de la capitale, le week-end dernier, avaient alarmé les soignants alors que l'épidémie de covid-19 touche de plein fouet la région Île-de-France.

Mme Hidalgo a précisé sur France Info qu'il ne s'agit pas "d'interdire" la pratique sportive mais de "la concentrer sur des horaires où on trouvera moins de monde dans la rue".

Biarritz : pas plus de 2 min sur un banc public

La ville de Biarritz a indiqué mardi avoir interdit par arrêté municipal la "station assise de plus de deux minutes" sur ses bancs afin de rappeler "l'impossibilité de flâner". L'arrêté municipal précise que cette interdiction ne s'applique pas à des "circonstances particulières" comme "l'attente du bus ou des services médicaux" ou "des raisons de santé". Dans la station balnéaire, tous les parcs, jardins et plages sont fermées depuis le 20 mars. Le surf, comme toute activité nautique, est par conséquent interdit.

Dans le Nord, ne pas cracher dans la rue

Cracher sur la voie publique, abandonner des masques ou des gants ou encore éternuer sans se couvrir le visage est désormais passible d'une amende de 68 euros dans les rues de Marcq-en-Baroeul (Nord), ville résidentielle aisée du Nord de la France. Le maire a pris un arrêté dès le 2 avril visant à prendre des "mesures complémentaires d'hygiène et de propreté" qui inclut aussi l'obligation de se "conformer aux gestes barrières et plus particulièrement, de couvrir son visage lors d'éternuement ou pour toute expulsion de salive (...) particulièrement lors des contrôles des forces de l'ordre", a appris mardi l'AFP.

Guadeloupe : week-end pascal sous cloche

Le préfet de Guadeloupe a pris lundi soir un arrêté qui restreint "la liberté de circuler, d'aller et venir et de commerce sur l'ensemble de l'archipel pour le week-end pascal, du samedi 11 avril à 14H00 jusqu'au mardi 14 avril à 7h". Tout déplacement y compris motorisé, sauf pour se rendre au travail ou pour "des motifs de santé ne pouvant être différés" sont également interdits.

La Guadeloupe comptabilisait mardi matin 139 cas confirmés de coronavirus, dont 15 en réanimation, et 7 décès. Au total, depuis le 1er mars, 8 911 personnes sont mortes du Covid-19 en France, dont 605 à l'hôpital en 24 heures, nouveau pire bilan quotidien depuis le début de l'épidémie.

Sceaux et Nice : port du masque obligatoire

A Sceaux (Hauts-de-Seine), le maire UDI Philippe Laurent a annoncé lundi avoir pris un arrêté obligeant les habitants de plus de dix ans à se couvrir le nez et le visage avant de sortir. L'édile, également secrétaire général de l'Association des maires de France (AMF), espère que cet arrêté, le premier à sa connaissance, agira comme une "incitation morale" auprès des autres maires de France.

A Nice, le maire LR Christian Estrosi a annoncé que tous les Niçois allaient recevoir d'ici une dizaine de jours "un masque réutilisable pendant un mois", soit la version en tissu et lavable du masque de protection. "Dès lors je pourrai prendre un arrêté qui impose à tous ceux qui seront dehors sur le domaine public" de porter un masque dans les rues de la cinquième ville de France, a ajouté M. Estrosi sur TF1.

Un décision qui entre en contradiction avec les recommandations de l'Organisation mondiale de la santé, qui indique que les masques de protection doivent être réservés en priorité au personnel soignant.

L'organisation précise que le port du masque pour des personnes ne présentant pas de symptômes peut entraîner un faux sentiment de sécurité et une négligence dans les gestes de barrière et le lavage des mains.

"Nous ne sommes pas encore au pic épidémique"

"Le confinement durera aussi longtemps qu'il est nécessaire qu'il dure" car "nous ne sommes pas encore au pic épidémique", a martelé le ministre de la Santé Olivier Véran. "Il ne faut pas parler trop tôt du déconfinement" a-t-il ajouté, alors que le Premier ministre Edouard Philippe lui-même avait indiqué la semaine dernière que le gouvernement commençait à réfléchir à différents scénarios de sortie.

Avec les beaux jours qui reviennent et les vacances de Pâques qui ont débuté dans la zone C (Île-de-France et Occitanie), le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a demandé aux préfets "d'examiner au cas par cas" et en lien avec les maires la "nécessité de durcir les mesures".

Les choses n'ont pas traîné dans la capitale, avec l'interdiction de toute activité sportive individuelle entre 10h et 19h à partir de mercredi.

Manque de masques

En parallèle la France poursuit ses efforts pour s'approvisionner en masques, désormais convoités par l'ensemble de la planète, et ses commandes auprès de fabricants en Chine atteignent désormais près de deux milliards d'exemplaires, a assuré samedi M. Véran. Ils seront tous là d'ici la fin juin, a-t-il promis. Air France a cependant suspendu ses vols de fret de matériel médical et de masques avec Shanghai à la suite du durcissement des contrôles sanitaires en Chine. Et plus d'un infirmier sur deux constate toujours un manque de masques, selon un de leurs syndicats.