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Coronavirus : le bilan dans les Ehpad est lourd, les mesures ont-elles été prises à temps ?

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Coronavirus : le bilan dans les Ehpad est lourd, les mesures ont-elles été prises à temps ?
Tous droits réservés  Justin Tang/AP
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C'était il y a encore quelques jours une zone d'ombre. Mais depuis que les chiffres ont commencé à été dévoilés la semaine dernière, le constat est clair : en France, les établissements qui accueillent des personnes âgées sont particulièrement touchés par la pandémie de coronavirus.

Selon le dernier bilan publié lundi, au moins 3 237 personnes sont décédées dans ces établissements quand plus de 7 000, tous âges confondus, sont mortes dans les hôpitaux français.

Dans certains Ehpad, c'est l'hécatombe. Comme dans cet établissement pour personnes âgées, situé à Mougins (Alpes-Maritimes), dans le sud de la France. Ici, une trentaine de résidents sont décédés.

Une plainte contre X pour "mise en danger de la vie d'autrui" a été déposée par la famille de l'une des résidentes.

Nous avons joint le directeur régional de l'entreprise de gestion Korian, qui nous répond :"A ce stade, nous n'avons pas d'informations éclairées qui nous permettent de savoir exactement ce qui s'est passé. Ce qui est certain, c'est que le virus était depuis plusieurs jours voire plusieurs semaines dans l'établissement, masqué si je puis dire, au vu de l'explosion de nouveaux cas".

Face à cette situation inquiétante, le ministre de la Santé, Olivier Véran, a annoncé mardi le lancement de vastes campagnes de dépistage dans ces établissements qui accueillent des personnes âgées : "Désormais, tous les résidents, tous les personnels soignants seront testés dès l'apparition confirmée d'un premier cas de coronavirus dans un Ehpad."

"Nous avions fermé l'établissement aux familles, bien avant les mesures gouvernementales"

Une annonce que ce directeur d'Ehpad attendait depuis des semaines. En tout, une trentaine de résidents a été emportée par le virus dans ses deux établissements, situés en Haute-Savoie, tout près de l'un des foyers ("cluster") du début de l'épidémie.

En dépit de capacités de tests très limitées au départ, le directeur Eric Lacoudre avait rapidement pris conscience du danger et a mis en place tout un protocole de sécurité "Dès le 2 mars, on a fermé l'intégralité de l'établissement aux familles, bien avant les mesures gouvernementales", explique-t-il.

"__Dès le 10 mars, on a mis en place un confinement complet des résidents et on avait mis en place des mesures bien en amont : par exemple, le port du masque (...), on avait des masques à disposition", a-t-il détaillé. Des masques "au moins dans un premier temps pour tous les personnels soignants".

Pourtant, le virus s'est quand même répandu parmi les résidents.

Manque de personnels soignants et appels à la solidarité

Autre problème pour Eric Lacoudre : le manque d'effectif, apparu encore plus criant en période de crise sanitaire. Surtout dans cette région frontalière où de nombreux soignants sont tentés de travailler en Suisse, où les salaires sont bien plus élevés.

L'Ehpad a donc été obligé de lancer un "appel à la solidarité", relayé dans les médias et sur les réseaux sociaux. "Et la solidarité soignante a vraiment très bien fonctionné", raconte Eric Ladoudre.

Pour remédier à ces carences de personnels soignants, un appel a également été lancé au niveau national par les autorités sanitaires : aux médecins retraités et aux étudiants en médecine notamment. A ce jour, 720 réservistes ont déjà été mobilisés depuis le début de la pandémie en France.