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L'hospitalisation de Boris Johnson provoque un choc au Royaume-Uni

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Virus Outbreak Britain
Virus Outbreak Britain   -   Tous droits réservés  Kirsty Wigglesworth/Copyright 2020 The Associated Press. All rights reserved
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La dégradation de l'état de santé de Boris Johnson, "stable" mardi après avoir été admis en soins intensifs, provoque un choc mardi au Royaume-Uni, où la pandémie de Covid-19 ne cesse de s'aggraver avec plus de 6 000 morts.

L'hospitalisation du bouillonnant dirigeant conservateur de 55 ans, diagnostiqué positif au nouveau coronavirus le 27 mars, touche au plus haut le pays, l'un des plus durement frappés en Europe.

Plus de 786 décès y ont été recensés en 24 heures, dont une victime de 23 ans sans antécédents médicaux, un nouveau record portant le bilan à 6 159 morts, selon le dernier bilan publié mardi. Plus de 55 000 personnes ont été officiellement contaminées.

Après deux nuits à l'hôpital, Boris Johnson "reçoit un traitement standard à l'oxygène et respire sans aucune assistance. Il n'a pas eu besoin de ventilation mécanique ou d'aide respiratoire non invasive", a déclaré mardi son porte-parole.

Le dirigeant est resté dans un état "stable" durant la nuit et "il garde le moral", a-t-il ajouté.

Seul chef d'Etat ou de gouvernement d'une grande puissance à avoir été contaminé, Boris Johnson est remplacé par son ministre des Affaires étrangères Dominic Raab, 46 ans.

Ce dernier va devoir prendre la tête de la lutte contre l'épidémie alors que les autorités prévoient un pic dans quelques jours et qu'une décision sur une prolongation du confinement, aux conséquences sociales économiques et sociales cataclysmiques, doit être prise dans les tous prochains jours.

Soutien de la reine

Jusqu'à son hospitalisation dimanche, Boris Johnson s'était efforcé de continuer à diriger depuis son appartement de Downing Street, où il était en quarantaine. Son état se dégradant, il a été transféré lundi soir au service de soins intensifs de l'hôpital St Thomas, juste en face du Parlement de Westminster, dans le centre de Londres.

Alors que l'ancien maire de Londres ne souffre a priori pas d'autre pathologie si ce n'est des problèmes de poids, son état de santé suscite une forte inquiétude au Royaume-Uni.

La reine Elisabeth II a transmis un message à sa fiancée Carrie Symonds, enceinte, et à sa famille, souhaitant à Boris Johnson un rétablissement "total et rapide". La souveraine de 93 ans, retirée au château de Windsor près de Londres, est tenue informée de l'état de santé de son Premier ministre, selon le Palais de Buckingham.

"C'est choquant, cela montre que cela peut toucher n'importe qui", estime Mark Gillis, un Londonien interrogé par l'AFP. "C'est une prise de conscience pour ceux qui ne prenaient pas la situation au sérieux".

Le gouvernement, après avoir tergiversé, a décrété un confinement général le 23 mars mais permet les sorties, pour faire de l'exercice notamment. Les parcs de Londres restent ouverts, se retrouvant parfois très fréquentés en cette période printanière, faisant craindre une aggravation de la tendance.

Questions sur la sortie

Triomphant aux législatives de décembre avec la promesse de mettre en oeuvre le Brexit, Boris Johnson a été critiqué dans cette crise sans précédent pour avoir tardé à en prendre la mesure, rechignant longtemps à adopter des mesures de confinement. Lui-même avait nargué le virus début mars en se vantant d'avoir "serré la main à tout le monde", y compris de malades du Covid-19 lors d'une visite dans un hôpital.

Désormais malade à son tour, il a reçu des messages de soutien du monde entier, des prières de Donald Trump aux vœux de Vladimir Poutine, qui s'est dit "certain" que "l'énergie, l'optimisme et le sens de l'humour" du dirigeant britannique l'aideraient à se remettre.

Provisoirement à la tête du gouvernement, Dominic Raab s'est engagé à poursuivre la lutte contre le coronavirus. Il a présidé mardi matin la réunion quotidienne d'urgence regroupant des ministres, le chef des services sanitaires et le principal conseiller scientifique.

Le gouvernement doit se décider les prochains jours sur le maintien ou non du confinement, à l'origine décidé pour trois semaines. La pression monte également sur les autorités pour élaborer une stratégie de sortie de crise, bien qu'elles martèlent qu'il faudra attendre que le pic soit passé.