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Espagne : ces médecins et infirmiers dévoués mais harcelés par leurs voisins

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Espagne : ces médecins et infirmiers dévoués mais harcelés par leurs voisins
Tous droits réservés  Manu Fernandez/Copyright 2020 The Associated Press. All rights reserved.
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Chaque soir, les Espagnols se donnent rendez-vous sur leurs balcons pour applaudir et affirmer leur soutien au personnel de santé qui lutte contre le Covid-19. Mais derrière ces façades, à l'intérieur des bâtiments, l'accueil est parfois moins chaleureux.

Certains médecins, infirmiers et autres travailleurs des services de santé subissent un harcèlement de la part de leurs voisins. Des messages sont affichés sur leurs portes leur demandant de partir, pour éviter de contaminer l'immeuble.

Eau de javel

"Un voisin est venu me dire comment osez-vous travailler dans un centre de santé" explique Elena Garbajosa, qui est employée dans une maison de retraite à Madrid. "Il m'a dit que je devais désinfecter tout ce que je touchais, chaque endroit sur lequel je marchais, il allait presque me demander de désinfecter tout ce que je regardais" poursuit-elle.

Elle a retrouvé quelques jours plus tard, son seuil et sa poignée de porte aspergés d'eau de Javel. "Je ne pouvais pas imaginer qu'à côté de ma porte, j'aurais des gens avec une telle attitude envers moi. C'est triste" indique-t-elle. "Quand je rentre chez moi et que j'entends les applaudissements, ça me réjouit. Ces autres mauvaises attitudes, je les chasse de mon esprit, je les mets dans un tiroir".

"Rat contagieux"

D'autres sont allés encore plus loin. Un médecin en Catalogne a retrouvé sa voiture vandalisée avec un message inquiétant tagué sur la carrosserie : "rat contagieux". Outre ce harcèlement, le personnel soignant doit aussi surmonter le stress causé par l'épidémie au travail. Les médecins sont confronté à des situations traumatisantes.

"J'ai pleuré à certains moments en quittant le travail. J'ai pleuré à la maison" raconte Dolores Martinez, infirmière à l'hôpital Universitario Fundación Alcorcón de Madrid.

J'ai pleuré à certains moments en quittant le travail. J'ai pleuré à la maison.
Dolores Martinez
Infirmière à l'hôpital Universitario Fundación Alcorcón de Madrid

"J'ai des enfants et un mari, et ils ont remarqué que je ramenais beaucoup d'inquiétude à la maison. Mais ils prennent soin de moi, ils me laissent parler. Donc, heureusement à la maison j'ai un traitement psychologique."