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Pologne : le gouvernement refuse de reporter le scrutin présidentiel du 10 mai

Pologne : le gouvernement refuse de reporter le scrutin présidentiel du 10 mai
Tous droits rĂ©servĂ©s Czarek Sokolowski/Copyright 2020 The Associated Press. All rights reserved.
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Par Euronews avec AFP
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đŸ‡”đŸ‡± En Pologne, l'exĂ©cutif s'entĂȘte Ă  vouloir maintenir le scrutin prĂ©sidentiel du 10 mai. Les Polonais risquent de devoir voter par correspondance.

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À sept jours de l'Ă©lection prĂ©sidentielle, l'ambiance politique est tendue en Pologne et l'opposition ainsi que diffĂ©rentes institutions nationales et internationales rĂ©clament son ajournement.

MalgrĂ© des pressions de toutes parts - opposition, personnel mĂ©dical, population et mĂȘmes des membres et alliĂ©s du parti conservateur au pouvoir - le gouvernement refuse de reporter le scrutin du 10 mai.

Le parti eurosceptique aux commandes du pays, Droit et Justice (PiS), soutient le président sortant Andrzej Duda, qui en est issu et qui brigue un second mandat.

Le Parlement doit encore autoriser ce mode de scrutin

Le pouvoir a tout mis en place pour que le scrutin puisse se dérouler par correspondance, c'est à dire par courrier, ce qui est inédit en Pologne. Mais des doutes subsistent sur la capacité du PiS à rassembler suffisamment de voix pour faire adopter définitivement la loi autorisant ce mode de scrutin, lors d'une séance du parlement prévue le 7 mai.

La formation avance qu'il s'agit d'une nécessité constitutionnelle et que le vote par correspondance devrait garantir la sécurité des citoyens.

D'aprÚs des experts l'exécutif refuse de reporter le scrutin, convaincu qu'il pourrait gagner actuellement haut la main mais pourrait avoir du mal plus tard, car l'économie devrait vaciller dans le sillage du confinement qui a contraint de nombreuses entreprises à fermer.

Les anciens chefs de l'État et une majoritĂ© d'ex-Premiers ministres s'opposent Ă  la tenue du scrutin

Tous les anciens chefs de l'Etat polonais et la majorité des ex-Premiers ministres se sont déclarés opposés à la tenue du scrutin présidentiel prévu le 10 mai, le considérant comme une "pseudo-élection", dans une lettre commune publiée jeudi 30 avril dans les médias polonais.

"ImposĂ©e par le parti Droit et Justice (PiS, au pouvoir) l'Ă©lection par correspondance a Ă©tĂ© votĂ©e en dĂ©pit de la Constitution et du rĂšglement de la DiĂšte" (chambre basse), ont Ă©crit Lech Walesa, le leader historique du mouvement SolidaritĂ©, et les deux prĂ©sidents qui lui ont succĂ©dĂ© Ă  la tĂȘte de l'Etat: Aleksander Kwasniewski (gauche) et Bronislaw Komorowski (centre).

L'Ă©lection "ne sera ni gĂ©nĂ©rale ni Ă©quitable (...), sans garantie d'un vote secret et sans la possibilitĂ© d'un contrĂŽle civique de l'honnĂȘtetĂ© de son dĂ©roulement", ont ils insistĂ© dans la lettre, co-signĂ©e par les ex-chefs de gouvernement Marek Belka, Jan-Krzysztof Bielecki, Wlodzimierz Cimoszewicz, Ewa Kopacz, Kazimierz Marcinkiewicz et Leszek Miller, venant de diffĂ©rents bords politiques.

Les signataires ont dĂ©clarĂ© leur intention de ne pas participer Ă  cette "pseudo-Ă©lection". La mĂȘme dĂ©cision avait Ă©tĂ© annoncĂ©e par le chef du Parti populaire europĂ©en (PPL) et ex-prĂ©sident du Conseil europĂ©en, l'ancien Premier ministre polonais Donald Tusk.

Le ministre de la santé, pour un report

Le ministre polonais de la Santé, qui est cardiologue, a jugé vendredi 24 avril que reporter jusqu'en 2022 l'élection présidentielle prévue en mai serait "la seule option sûre" étant donné la pandémie de nouveau coronavirus.

"Une option serait de suspendre tout cela pendant deux ans et de gérer vraiment l'épidémie. Je pense que c'est la meilleure option et je la recommande", a indiqué Lukasz Szumowski, sur la chaßne de télévision privée Polsat, avant de faire un revirement : l'option postale "serait certainement plus sûre qu'une élection traditionnelle".

Un sondage publié en mars montrait que 72% des personnes interrogées souhaitaient un report du scrutin par crainte pour leur santé.

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