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France : "On ne peut pas demander à l'école de trier les enfants"

Une salle de classe de l'école Saint-Exupery à la Courneuve, à l'est de Paris, le 14 mai 2020.
Une salle de classe de l'école Saint-Exupery à la Courneuve, à l'est de Paris, le 14 mai 2020.   -   Tous droits réservés  MARTIN BUREAU/AFP
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L'heure de la rentrée a sonné en France après plus de 50 jours de confinement. La reprise des cours dans les écoles maternelles et élémentaires s'est faite sur la base du volontariat. Dans les établissements scolaires, les élèves ont retrouvé leur classe par petit groupe d'une dizaine d'enfants. Un accent tout particulier a été mis sur le respect de la distanciation physique. Mais de nombreux parents ont choisi de ne pas renvoyer leurs enfants à l’école.

Pour Marie Lugnier, secrétaire générale dans le département du Rhône de l'association de parents d'élèves FCPE, plusieurs raisons expliquent ce choix.

"Ça semble assez variable d'une école à l'autre. Ça dépend aussi des catégories socioprofessionnelles. C'est à dire que les catégories socioprofessionnelles un peu “+” ont plus tendance à remettre leurs enfants. Les catégories plus populaires ont moins tendance à le faire".

"Ça s'explique par plusieurs choses. Ce que j'ai pas mal entendu, c'est que les familles ont peur du virus et de la contamination. Que ce soit dans un sens ou dans l'autre".

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Un enfant se lavant les mains avec du gel hydroalcoolique avant de rentrer dans sa classe à Lyon, le 14 mai 2020.JEFF PACHOUD/AFP

"Et quand elles sont dans la possibilité de garder leurs enfants à la maison, parce qu'il y a au moins un des parents qui ne travaille pas ou qui n'a pas encore repris, elles préfèrent les garder."

"Jean-Michel Blanquer, le ministre de l'Education nationale, disait que les élèves qu'il faudrait faire revenir à l'école, c'est en priorité les 'décrocheurs'. Cela correspond aussi souvent aux familles qui ont le plus peur et qui peuvent garder leurs enfants à la maison".

"Après, on ne peut pas demander aux écoles de trier les enfants, de dire :'

Alors toi, t'es décrocheur.Toi, t'es pas bon à l'école, alors toi, tu viens. Par contre, toi, ça a l'air d'aller. Tes parents, ils ont l'air plutôt chics, non, tu restes chez toi.

"C'est pas possible, c'est plus l'école. L'école publique est censée accueillir tout le monde".

"De plus, Il y a aussi des familles qui attendent de voir comment ça va se passer. Les équipes enseignantes et de direction ont essayé de faire en sorte que le protocole sanitaire soit le mieux appliqué possible."

"Il va falloir que les enseignants inventent quelque chose. Qu'ils voient comment ça va fonctionner en y mettant du leur. On leur fait confiance ; c'est leur métier. J'imagine qu'ils y ont tous réfléchi et ils vont essayer de faire que ça se passe au mieux."

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Des enfants dans la cour de récréation d'une école élémentaire à Lyon, le 14 mai 2020.JEFF PACHOUD/AFP

"C'est sûr que ce ne seront pas des journées de classe comme les autres. Mais, les enfants sont contents de se retrouver quand même malgré tout, même si ce sera avec des airs-câlins et airs-loups-touche-touche ! "