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En Italie, les luthiers crémonais face à la crise

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En Italie, les luthiers crémonais face à la crise
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Patrie de Stradivarius, Crémone est une devenue un laboratoire pour les luthiers du monde entier. Dans cette petite ville au nord de l'Italie, les ateliers sont omniprésents : plus de 160 pour 70 000 habitants.

Travaillant dans la tradition des grands-maîtres, ils tentent de résister à la crise et à la concurrence étrangère. A 74 ans, Stefano Conia est d'origine hongroise et est l'un des plus vieux luthiers de la ville. Son atelier, à côté de celui d'un Japonais, n'a pas bougé depuis des décennies. "J'ai gardé mon immatriculation professionnelle, car sans elle, je ne pourrais pas continuer de travailler légalement. Si je ne pouvais plus en fabriquer, ma vie serait terminée. Je viens dans mon atelier tous les jours" raconte-t-il.

Aujourd'hui, les luthiers Crémonais se font rares. La majorité est étrangère. Beaucoup sont venus étudier à l'Ecole internationale de lutherie puis ont décidé de rester. "C'est vrai que nous, luthiers Crémonais sommes vraiment peu. Il y a environ 30 % d'Italiens et seulement 10 % sont originaires d'ici" explique Marco Nolli, luthier.

Pour fabriquer un instrument, il faut environ 300 heures de travail, soit entre deux et trois mois. Avec un prix pouvant monter jusqu'à 25 000 euros pour un instrument de maître, difficile de faire face à la concurrence chinoise, qui en propose à 200 euros. "Le plus souvent, les violons sont fabriqués dans une "usine humaine" : ils sont faits à la main, mais dix luthiers travaillent chaque jour sur les mêmes parties. C'est un travail à la chaîne et à la fin, on obtient un assemblage. Il n'y a pas d'unicité, d'authenticité" analyse Bénédicte Friedmann, luthière française.