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Les Chinois ont l'oeil sur un nouveau virus : il a tout le potentiel pour provoquer une pandémie

Archives : un élevage de porcs aux Etats-Unis, le 11 août 2012
Archives : un élevage de porcs aux Etats-Unis, le 11 août 2012   -   Tous droits réservés  AP Photo/Seth Perlman
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C'est à croire que la Chine a le terreau le plus fertile au monde pour y voir naître régulièrement un nouveau virus. Le dernier en date, détecté dans des élevages de porcs, a des caractéristiques génétiques proches de la virulente souche de grippe H1N1, et les chercheurs chinois qui l'ont mis au jour s'en méfient terriblement. Le "G4", comme ils l'ont dénommé, a déjà infecté des salariés travaillant dans le secteur porcin et il leur semble tout à fait capable de déclencher une nouvelle pandémie.

Comme il vaut mieux prévenir que guérir, le groupe de scientifiques qui exercent au sein d'universités chinoises ou au Centre de prévention et de lutte contre les maladies, semble vouloir jouer la transparence - ou du moins en partie -, en révélant les conclusions de son étude dans une revue scientifique américaine, Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America. La publication, autrement dit de l'Académie des Sciences des Etats-Unis, vient juste d'être faite en ce début de semaine.

Le principal constat ne fait guère planer de doute :

Le G4 (...) possède tous les traits essentiels montrant une haute adaptabilité pour infecter les humains

Un virus qui domine largement le reste de sa "famille"

L'alerte est lancée mais ce n'est pas d'aujourd'hui que les chercheurs chinois en question traquent ce nouveau virus de grippe porcine. Depuis environ neuf ans, les abattoirs d'une dizaine de provinces chinoises, ainsi qu'un hôpital vétérinaire, leur servent de laboratoires permanents ; 30 000 prélèvements ont été effectués dans les naseaux des porcs pendant tout ce temps. Et des virus de toutes sortes, 179 au total, y ont été trouvés. Mais au bout du compte, c'est le "G4" qui gagne la bataille, il domine largement les autres depuis maintenant quatre ans.

Les Chinois ont bien évidemment poussé plus loin leurs recherches. Des expérimentations ont été menées sur des furets qui ont la malchance d'être les animaux dont les symptômes grippaux se rapprochent le plus de ceux de l'homme. On a alors observé que le nouvel ennemi était le plus infectieux chez les petits animaux, provoquant sur eux des symptômes plus graves que les autres souches virales.

Déjà transmis du porc à l'être humain

Le "G4" n'a en tout cas pas attendu qu'on analyse de près son comportement pour agir directement à l'encontre de la population. Des ouvriers employés dans des abattoirs - décidément toujours en première ligne -, et d'autres salariés travaillant dans la filière porcine ont été peu à peu infectés, en bon nombre finalement. 10,4% des tests sanguins effectués sur des personnes suspectées d'être porteuses du virus se sont en effet révélés positifs.

La première étape de propagation est donc franchie : le virus est passé des porcs aux êtres humains. Il n'y a pas encore de preuve qu'il peut maintenant se transmettre d'homme à homme, mais il en a tout le potentiel. Les chercheurs chinois sont à l'affût car ils le craignent réellement.

C'est l'un des principaux avertissements de leur étude :

L'inquiétude est que les infections d'humains par le virus G4 ne mènent à une adaptation humaine et n'augmentent le risque d'une pandémie humaine

Le groupe scientifique préconise d'urgence la mise en place d'un système de surveillance de toute la population au contact des porcs d'une manière ou d'une autre, et sur l'ensemble du territoire.