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En Russie, les plans d'Erdogan pour Sainte-Sophie ne passent pas

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Le président turc Erdogan à Sainte-Sophie, le 31 mars 2018
Le président turc Erdogan à Sainte-Sophie, le 31 mars 2018   -   Tous droits réservés  Kayhan Ozer/AP
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La Basilique Sainte-Sophie d'Istanbul, aujourd'hui musée, redeviendra-t-elle une mosquée ? C'est en tout cas ce que souhaite Recep Tayyip Erdogan.

Dans le contexte actuel de forte tensions entre la Grèce et la Turquie, l'édifice représente un levier politique déterminant pour le président Erdogan, qui a fait du nationalisme turc et de l'islamisme le fondement de sa politique.

Sainte-Sophie en tant que siège historique du Patriarcat œcuménique chrétien orthodoxe est un élément fondamental de la culture et de l’histoire grecque. La Russie s’estime aussi garante du monde orthodoxe. Des députés russes n'ont d'ailleurs pas manqué de réagir.

"Si cela se produit, ce sera une provocation" a lancé ce mercredi le député du parti Russie unie Vyacheslav Nikonov, lors d'une prise de parole au sein du parlement russe. "En revanche, si les autorités turques laissent Sainte-Sophie sous son statut actuel, ce sera une marque de respect à la culture mondiale, en respectant le christianisme et l'orthodoxie. Et ce sera sans aucun doute un signe de respect pour notre pays, qui agit entre autres comme le principal partenaire commercial de la Turquie" a-t-il prévenu.

"Au Sud, nous allons avoir un vaste monde musulman unifié sous les Turcs. Et les Turcs nous ont toujours détestés, parce que nous avons arrêté leur conquête de l'Europe" a pour sa part lancé Vladimir Zhirinovsky, chef du Parti libéral démocrate de Russie, classé à l'extrême droite. "Aujourd'hui, ils s'opposent à nous en Libye, en Syrie, ils ne reconnaissent pas notre souveraineté en Crimée etc. Il ne s'agit pas seulement de changer le statut, il s'agit de déclencher une attaque contre Moscou" a-t-il ajouté.

Le Conseil d'Etat turc doit prendre prochainement une décision sur le statut de ce joyau, qui fut cathédrale, mosquée, et aujourd'hui musée. Le président Erdogan a déclaré que son gouvernement attendrait la décision de la juridiction pour agir.