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Royaume-Uni : l'ingérence russe en question

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Royaume-Uni : l'ingérence russe en question
Tous droits réservés  Alexei Druzhinin/Sputnik
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C'est un rapport qui dynamite Moscou, mais aussi l'exécutif britannique.

Au Royaume-Uni, les services de renseignements, auteurs de cette note attendue, affirment que l'ingérence russe est devenue monnaie courante, entre présence d'agents et cyberattaques. Ils fustigent l'inertie du 10 Downing Street, qui aurait tardé à réagir après la campagne sous influence du référendum sur le Brexit de 2016. Une patate chaude, estiment-ils, à laquelle personne ou presque n'ose s'attaquer.

"C'est le vrai choc dans cette affaire", affirme Stuart Hosie, membre du comité de renseignement et de sécurité britannique. "Vous savez, le genre de manoeuvres politiques qui pourraient nourrir des discussions enflammées dans les couloirs de la Chambre des Communes. Mais non. Le fait est qu'ils n'ont pas cherché à comprendre l'impact de l'étendue ni la portée de l'ingérence dans les événements politiques passés, y compris le référendum sur la sortie de l'Union".

Ils n'ont pas cherché à comprendre l'impact de l'étendue ni la portée de l'ingérence dans les événements politiques passés
Stuart Hosie
Membre du comité de renseignement et de sécurité britannique

Ce rapport a été bloqué par le Premier ministre britannique. Boris Johnson, qui a succédé à Theresa May, a été accusé de vouloir enterrer la publication. Aujourd'hui, le gouvernement rejette les demandes d'ouverture d'une nouvelle enquête dans ce dossier.

"Dans le cas présent, nous n'avons pas affaire à un adversaire qui soit près de disparaître", poursuit Kevan Jones, également membre du Comité de renseignement et de sécurité britannique. "Pourquoi les ministres ont choisi de ne pas s'y atteler, d'en tirer les leçons et finalement, de changer les choses si besoin ? C'est à eux qu'il faut s'adresser".

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, assure que la Russie "n'a jamais fait d'ingérence dans les processus électoraux, dans aucun pays du monde".

Konstantin Kosachev, qui préside le comité des affaires étrangères du Conseil de la Fédération, martèle que ces accusations sont "infondées et peu convaincantes", et qu'il s'agit de conspirations de la part des politiques occidentaux.

Mais selon le rapport du renseignement britannique, les mesures prises aujourd'hui par l'exécutif au Royaume-Uni visent seulement à limiter les dégâts, compte tenu du niveau d'infiltration des oligarques russes dans le monde des affaires, et la vie politique et sociale du pays.