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Mouvements turcs en mer Égée : la Marine grecque déploie des navires

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Près des côtes d'Antalya en Turquie, le navire turc Oruç Reis, le 22 juillet 2020
Près des côtes d'Antalya en Turquie, le navire turc Oruç Reis, le 22 juillet 2020   -   Tous droits réservés  Semih Ersozler/Copyright 2020 The Associated Press. All rights reserved.
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La Marine grecque a déployé des navires en mer Egée et a annoncé des "préparatifs renforcés" suite aux récentes activités turques d'exploration gazière en mer Egée, a indiqué mercredi une source de ce corps militaire.

"Des unités de la Marine ont été déployées depuis hier (mardi) dans le sud et le sud-est de la mer Egée", a déclaré cette source à l'AFP. Ces unités "sont prêtes à répondre à toute activité", a ajouté l'officier.

La Marine a également appelé les marins à ignorer une restriction de navigation maritime décrétée par la Turquie.

Le Premier ministre grec Kyriakos Mistotakis a organisé des rencontres séparées avec les dirigeants de partis politiques grecs, jeudi et vendredi, "sur des sujets nationaux", selon son bureau de presse.

Dans le cadre de ses activités d'exploration d'hydrocarbures en cours, la Turquie a annoncé "publiquement" le déploiement de son vaisseau Oruç Reis en Méditerranée orientale à compter de mardi, selon un communiqué du ministère turc des Affaires étrangères daté de mercredi.

Athènes a protesté officiellement contre ces mouvements proches de l'île grecque de Kastellorizo. "L'annonce des explorations turques dans une section du plateau continental grec (...) constitue une escalade de la tension dans notre région", a déclaré mardi le ministère grec des Affaires étrangères.

"Nous appelons la Turquie à cesser immédiatement ses activités illégales qui violent nos droits souverains et sapent la paix et la sécurité dans la région", a ajouté le ministère grec.

Ankara affirme que la zone maritime où les explorations seront conduites se trouve "entièrement sur le plateau continental turc tel que déclaré aux Nations unies", selon Hami Aksoy, porte-parole du ministre des Affaires étrangères.

Celui-ci conteste que la seule île grecque de Kastellorizo, "large de 10 km², à 2 km seulement d'Anatolie (en Turquie) et à 580 km du continent grec, puisse générer un plateau continental de 40 000 km2", selon un communiqué.

A Bruxelles, Nabila Massrali, porte-parole de l'UE, a estimé que la Turquie envoyait là "un mauvais message" eu égard aux relations turco-européennes.

La Turquie, candidat pour entrer dans l'UE, "doit s'engager sans équivoque pour des relations de bon voisinage, (l'application) des accords internationaux et la résolution pacifique des disputes en accord avec la charte de l'ONU", a-t-elle déclaré aux journalistes.

L'UE, qui a déjà condamné ces "forages illégaux", "a souligné à plusieurs reprises que la délimitation des zones économiques exclusives et du plateau continental doit être établie par le dialogue et des négociations de bonne foi", a-t-elle ajouté.

Pays voisins tous deux membres de l'Otan, la Grèce et la Turquie ont historiquement des relations tendues. Athènes dénonce un accord turco-libyen controversé, signé l'année dernière, sur le partage des espaces maritimes entre Ankara et le gouvernement de Tripoli.

Athènes estime que cet accord vise à accroître l'influence de la Turquie en Méditerranée, où Ankara a récemment effectué des forages exploratoires à proximité de Chypre, suscitant les protestations des pays voisins, Chypre, Grèce, Egypte.

Provocation turques

Mardi, le ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas avait estimé à Athènes que les relations entre l'UE et la Turquie ne pourraient s'améliorer qu'à condition qu'"Ankara abandonne ses provocations en Méditerranée orientale".

Le chef de la diplomatie allemande, dont le pays préside le Conseil de l'Union européenne (UE) pour une période de six mois, a insisté sur "l'importance de mener un dialogue" avec la Turquie, "un pays stratégiquement important au sein de l'Otan et sur la question migratoire".

"Concernant les forages de la Turquie en Méditerranée orientale, nous avons une position claire, le droit international doit être respecté", a-t-il déclaré au cours d'une conférence de presse avec son homologue grec Nikos Dendias.

Il a ajouté que Berlin attendait que "ces forages" d'exploration gazière réalisés par la Turquie au large de Chypre "s'arrêtent et qu'aucun autre ne soit entrepris".

Les tensions entre la Grèce et la Turquie notamment ont été à l'ordre du jour de rencontres mardi entre M. Maas, M. Dendias, la présidente de la République hellénique Katerina Sakellaropoulou et le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis.