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Tensions USA-Chine : Pékin ferme un consulat américain après l'évacuation du sien à Houston

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Chengdu, Chine
Chengdu, Chine   -   Tous droits réservés  NOEL CELIS/AFP or licensors
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Washington veut envoyer un "message" aux autres diplomates chinois pour qu'ils "arrêtent" les activités d'espionnage économique.

Les employés chinois avaient trois jours pour faire leurs cartons, pas plus. Le délai fut respecté. A Houston (Texas), aux États-Unis, la police a repris possession du consulat chinois ce vendredi.

Tout au long de la journée, des employés ont rempli des camions de déménagement et jeté des sacs poubelle dans une benne à ordures à proximité, sous le regard de policiers et de manifestants qui ont hué les voitures quittant le consulat. En fin de soirée, un porte-parole du département d'Etat a confirmé que le consulat était bien "fermé".

Les États-Unis avaient ordonné mardi plus tôt l'évacuation du bâtiment, accusant le consulat de Chine d'être une "plaque tournante de l'espionnage et du vol de propriété intellectuelle".

Washington a expliqué que cette fermeture n'était pas une réponse à un dossier spécifique. "A un moment donné, il faut tout simplement dire : assez", a dit un haut responsable du département d'Etat américain.

Un responsable du ministère de la Justice a renchéri en évoquant un "message" aux autres diplomates chinois pour qu'ils "arrêtent" les activités d'espionnage économique.

Représailles

En représailles, Pékin a ordonné la fermeture du consulat américain de Chengdu, métropole de 16 millions d'habitants située dans le sud-ouest de la Chine.

Un porte-parole de la diplomatie chinoise a accusé des employés du consulat américain d'ingérence dans les affaires intérieures de la Chine.

Mais Washington conserve son ambassade à Pékin et cinq consulats en Chine continentale, en plus de celui à Hong Kong.

Mais ce nouvel épisode exacerbe encore un peu plus les tensions entre les deux pays, déjà alimentées par la guerre commerciale et les accusations mutuelles sur l'origine du Covid-19.

Les deux pays ont pris en outre des sanctions réciproques au sujet du Xinjiang, les Etats-Unis accusant Pékin de violer les droits des musulmans ouïghours dans cette région du nord-ouest de la Chine.

Accentuant la pression, Mike Pompeo a appelé jeudi "le monde libre" à "triompher" de la "nouvelle tyrannie" incarnée selon lui par la Chine communiste.

"La situation actuelle des relations sino-américaines ne correspond pas aux souhaits de la Chine et les Etats-Unis en sont entièrement responsables", a répondu la diplomatie chinoise.

Mais la réaction chinoise semble relativement mesurée: sur les réseaux sociaux, des nationalistes chinois avaient appelé le régime communiste à fermer le consulat des Etats-Unis à Hong Kong, ce qui aurait certainement alimenté l'escalade.

Signe de la méfiance ambiante, le gouvernement américain a annoncé vendredi l'arrestation d'une chercheuse chinoise qui s'était réfugiée au consulat de Chine à San Francisco après avoir été accusée d'avoir dissimulé ses liens avec l'armée pour obtenir son visa.

Le ministère américain de la Justice a également fait savoir qu'un ressortissant singapourien avait plaidé coupable vendredi, accusé d'avoir espionné les Etats-Unis pour le compte de la Chine dans une autre affaire.