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Bélarus : "le changement viendra de la rue"

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Bélarus : "le changement viendra de la rue"
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Au pouvoir depuis 1994, Alexandre Loukachenko vise la réélection dimanche prochain au Bélarus. Mais l'autocrate fait face à un réveil inédit de l'opposition. Artyom Shraibman, analyste politique basé à Minsk, apporte son éclairage sur la situation.

Les Biélorusses se préparent à élire leur président dimanche. Au terme d'une campagne émaillée d'arrestations d'opposants et de manifestants, la population a-t-elle vraiment son mot à dire ? Beaucoup d'observateurs en doutent. C'est le cas d'Artyom Shraibman, un analyste politique basé à Minsk, la capitale.

"Le système n'est pas conçu pour que l'opposition gagne. Personne ne saura jamais le nombre de voix réellement obtenu par l'opposition", explique Artyom Shraibman de Sense Analytics.

Absence d'observateurs indépendants, dépouillement sans représentants des candidats, le système apparaît verrouillé selon lui.

Un système électoral verrouillé

"Les commissions électorales qui sont censées compter les votes sont presque entièrement constituées de personnes loyales au régime, des agents de la police d'Etat, des enseignants, des représentants des autorités locales etc...", dit-il.

Si l'élection semble jouée d'avance, jamais les foules n'ont été aussi mobilisées pour exprimer leur mécontentement face au régime de l'autoritaire Alexandre Loukachenko.

Dans cette ex-république soviétique, la dégradation de la situation économique et la montée du chômage alimentent la colère.

"La charge de soutenir le secteur public repose sur le secteur privé, avec une taxation et des coûts qui sont moins élevés pour le secteur public et bien plus élevés pour le secteur privé. Et tout cela crée un environnement toxique où le niveau de croissance de l'économie est très limité", analyse Artyom Shraibman.

"L'avenir du système se décidera dans la rue"

Contre toute attente, une opposante novice en politique, Svetlana Tikhanovskaïa est parvenue à mobiliser la population partout dans le pays. Le changement pourrait donc venir de la rue.

"Là où l'opposition peut avoir une chance c'est dans les manifestations de rue, et c'est probablement là que l'avenir du système va se décider. Mais jusqu'à maintenant, au moment où l'on parle, il ne semble pas que l'opposition et les mouvements de protestation aient suffisemment de forces et de ressources", estime-t-il.