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"Je suis terrassée par la fatigue" : les malades souffrant de symptômes post-Covid-19 témoignent

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Prévention grâce au port du masque dans les rues du Touquet.
Prévention grâce au port du masque dans les rues du Touquet.   -   Tous droits réservés  AFP
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Une immense fatigue, des essoufflements ou des crises de tachycardie intenses... Voici certains des symptômes que ressentent des malades du Covid-19, plusieurs mois après avoir été infectés par le virus.

Sur Twitter, ils sont nombreux à témoigner depuis plusieurs semaines, avec les hashtags #apresJ20, #apresJ60 ou #apresJ120.

Parmi ces témoignages, celui de Pauline Senac, une jeune femme de 23 ans vivant dans la région toulousaine. Elle a attrapé le Sars-Cov-2 le 13 mars dernier. Cinq mois plus tard, elle souffre toujours de symptômes lourds, oscillant entre périodes de récupération et rechutes.

"Aujourd'hui, et depuis quatre semaines ça va un peu mieux, car j'ai commencé un nouveau traitement, explique la jeune femme à Euronews. Mais avant ces quatre semaines, je ne pouvais plus conduire, je ne pouvais plus faire mes courses, je restais chez moi enfermée. Je dormais énormément, 8 à 9 h par jour, en faisant des siestes l'après-midi parce que je suis terrassée par la fatigue, je suis épuisée. Et quand j'essaye de lire ou de me concentrer sur un film pendant une heure, ça me déclenche des maux de tête."

15 à 20% des patients concernés

Très gênée dans sa vie quotidienne par ces symptômes, Pauline n'a toujours pas pu reprendre le travail.

Le moindre effort physique - enfin si on peut appeler ça physique parce que les tâches ménagères ne demandent pas un effort considérable - derrière, c'est comme si on payait cet effort. Et pourtant, j'ai 23 ans, je ne fume pas, j'ai une bonne hygiène de vie et je n'ai jamais eu de problème de santé particulier.
Pauline Senac
patiente souffrant de symptômes post Covid-19

Ces symptômes post Covid-19 sont loin d'être anecdotiques. Selon le CHU de Rennes, qui a suivi 400 malades du Covid-19 non-hospitalisés, 15 à 20% d'entre eux présenteraient toujours des symptômes deux mois plus tard, principalement des jeunes femmes.

Pauline a d'ailleurs été très surprise de découvrir les nombreux témoignages sur Twitter : "Quand j'ai découvert le hashtag #apresJ120, je n'en revenais pas. Je me suis dit "mais en fait, je ne suis pas toute seule". C'est dingue, pourquoi on n'en parle pas ? On a tous les mêmes symptômes. Pourquoi, à la télé, on nous dit que c'est juste la toux, les poumons et de la fièvre ?", s'interroge la jeune femme.

Avec leur mobilisation sur les réseaux sociaux, ces patients espèrent alerter le corps médical sur leur souffrance, alors que certains estiment ne pas avoir été pris au sérieux. "J'ai de la chance d'être bien suivie par un infectiologue. Mais j'ai aussi constaté que certaines personnes n'étaient pas suivies, que leur médecin généraliste ne les avait pas envoyé voir des spécialistes. Elles restent toutes seules chez elles, avec simplement du doliprane", constate Pauline.

Pas de risque de contagion

Le corps médical ne sait pas encore expliquer précisément la persistance de ces symptômes, mais selon Pierre Tattevin, chef du service des maladies infectieuses au CHU de Rennes, la réponse pourrait se trouver du côté du système immunitaire. "On a l'impression que ce sont les patients les plus solides, avec des systèmes immunitaires forts, qui ont le plus de risque de faire ces symptômes au décours de la Covid", explique-t-il.

On pense que ce sont leurs globules blancs, leurs anticorps, leur système immunitaire qui est un peu excessif dans le contrôle de la maladie, et qui entraînent ces symptômes plusieurs semaines après. Heureusement, on a l'impression que ça rentre dans l'ordre et surtout, ce ne sont pas des gens contagieux.
Pierre Tattevin
chef du service des maladies infectieuses au CHU de Rennes

Pauline espère en tout cas encourager la population, jeunes et moins jeunes, à se protéger contre le virus. "Moi la première, je pensais que le Covid-19 ne durait que 15 jours, et que les jeunes ne pouvaient pas développer de formes graves. Mais finalement, on peut tous être touchés", conclue la jeune femme.