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Vaccins contre le Covid-19 : l'UE pourra indemniser les fabricants

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Vaccins contre le Covid-19 : l'UE pourra indemniser les fabricants
Tous droits réservés  ANDREW CABALLERO-REYNOLDS/AFP or licensors
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L'industrie pharmaceutique est lancée à vive allure dans la course au vaccin contre le Covid-19, mais cette course pourrait-elle aussi engendrer des risques. Le secteur se prépare à toute éventualité en protégeant ses arrières face à d’éventuelles poursuites judiciaires.

Des clauses sont incluses dans les contrats en cours de négociation avec la Commission européenne afin que les États membres partagent la responsabilité d'éventuels effets secondaires.

"Il est dans notre intérêt d'avoir des vaccins le plus rapidement possible et c'est pourquoi nous avons inclus dans ces contrats la possibilité d'indemniser les fabricants", explique la porte-parole de la Commission européenne Vivian Loonela.

Pour le secteur pharmaceutique, l'objectif est d'éviter de longs mois ou années de procédures devant les tribunaux.

"Les gouvernements pourraient créer un fonds, et en cas d'effets indésirables à un vaccin particulier, les personnes qui en souffrent pourraient elles aussi avoir la certitude de pouvoir accéder rapidement à ces fonds", souligne Andy Powrie-Smith, de la Fédération européenne des associations et des industries pharmaceutiques.

Mais certains dénoncent un manque de transparence et considèrent qu'il est important de savoir exactement quel type de dispositions figurent dans les contrats. Car c'est aussi la crédibilité des vaccins qui est en jeu, à l'heure où les anti-vaccins prolifèrent, notamment sur les réseaux sociaux.

"Il est inutile de dire et d'expliquer que c'est fondamental pour la confiance envers la vaccination, pour la confiance du public dans la gestion d'une urgence de santé publique et pour la sécurité des patients. Ce sont des questions très sensibles qui ne devraient pas être négociées par certains eurocrates à huis clos", avance Yannis Natsis, de l'Alliance européenne pour la santé publique

La Commission européenne négocie actuellement avec les entreprises pharmaceutiques au nom des États membres en vue de sécuriser l’approvisionnement de potentiels vaccins en assez grande quantité, pour être prêt lorsqu'ils seront mis sur le marché.

Elle a déjà signé un contrat avec la société AstraZeneca pour l'acquisition de 300 millions de doses. Et elle a conclu des accords préliminaires avec quatre autres sociétés dont Sanofi-GSK et Curevac.

Les États membres devraient disposer d'un nombre de doses proportionnel à leur population. Mais certains ne risquent-ils pas d'être laissés de côté ?

"Ce qui m'inquiète encore, c'est que les nations riches sont en mesure de prendre ces engagements d'achat ou de manière unilatérale, alors que les pays pauvres n'ont pas cette possibilité", s'inquiète Ellen't Hoen, experte en politique des médicaments.

Ce que la Commission européenne tente d'éviter en apportant une contribution financière à COVAX, le dispositif d'accès mondial au vaccin qui s'efforce de le rendre disponible partout et pour tous.