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Denis Mukwege, « l'homme qui répare les femmes », de nouveau protégé mais pour combien de temps ?

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Denis Mukwege en 2018
Denis Mukwege en 2018   -   Tous droits réservés  Lise Aserud/AP
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« Les groupes armés tuent, violent, détruisent alors que l'armée nationale est censée protéger la population. » Ce sont des déclarations comme celle-là – lors d'une interview accordée à Euronews en 2014 – qui valent au docteur Mukwege des menaces de mort depuis des années.

Mais depuis mai dernier, ce gynécologue congolais était plus exposé que jamais aux menaces car la mission des Nations Unies (Monusco) avait retiré la brigade qui veillait sur sa sécurité et celle de son hôpital.

« L'homme qui répare les femmes »

C'est dans cet établissement, l'hôpital de Panzi, que Denis Mukwege soigne des milliers de femmes victimes de viols et de mutilations génitales, des exactions commises par des bandes armées.

Sous la pression des défenseurs des droits de l'homme, des casques bleus viennent d'y être redéployés…

Un soulagement temporaire. Les Nations Unies estiment en effet qu'il revient aux autorités nationales d'assurer la protection du docteur et de son hôpital. Or d'après les soutiens du gynécologue, ce serait hautement risqué « puisqu’il est bien documenté que des ex-membres de groupes armés, soupçonnés d’être des auteurs de viols et de massacres, ont intégré cette institution ».

Des richesses naturelles que se disputent les bandes armées

Denis Mukwege, co-lauréat du prix Nobel de la paix 2018, est connu pour être « l'homme qui répare les femmes ». Œuvrant dans la région du Sud-Kivu, dans l'Est de la RDC, il soigne depuis des décennies des milliers de femmes et de jeunes filles victimes des bandes armées qui sèment la terreur et se disputent les richesses naturelles de la zone.

Le Sud-Kivu est particulièrement riche en minerais stratégiques, comme le coltan ou la cassitérite et les milices armées font « place nette » en semant la terreur et la mort, et en utilisant le viol comme une arme de guerre. Certaines de ces milices viennent aussi du Rwanda, du Burundi et de l'Ouganda voisins.

En finir avec l'impunité

Une situation chaotique à laquelle s'ajoute l'impunité la plus totale. Malgré des décennies de violences et les nombreux massacres de civils, les responsables ne sont quasiment jamais traduits en justice. Et si le docteur Mukwege est régulièrement menacé et a déjà échappé de justesse à une tentative d’assassinat en 2012, c'est parce qu'il dénonce régulièrement cet état de fait sur la place publique.

Depuis des années, Denis Mukwege milite pour la création d'un Tribunal pénal international pour la RDC ou tout au moins l'instauration de « chambres mixtes », composées de juges internationaux et congolais.