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Fermeture des bars et des restaurants à Marseille : les propriétaires d'établissements en colère

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Un restaurateur marseillais ferme son établissement, dimanche 27 septembre 2020
Un restaurateur marseillais ferme son établissement, dimanche 27 septembre 2020   -   Tous droits réservés  Daniel Cole/Copyright 2020 The Associated Press. All rights reserved
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Les rues du Vieux-Port de Marseille était inhabituellement vides ce lundi. En cause, non seulement la fraîcheur anormale pour la saison, mais surtout la fermeture totale des bars et des restaurants de la ville, imposée pour 15 jours au moins. Objectif avancé par le gouvernement : lutter contre la propagation du Covid-19 alors que Marseille a été placée en zone "d'alerte maximale".

La plupart des établissements ont respecté l'interdiction, mais certains ont décidé d'ouvrir malgré tout. "Non à la fermeture, M. Macron et M.Véran" pouvait-on ainsi lire sur une pancarte, placée à l'entrée d'un café ouvert.

La colère et le désarroi de cet établissement sont partagés par de nombreux propriétaires de bars et de restaurants dans la deuxième ville de France. "On espère que ce ne sera que deux semaines", s'inquiète Laurant Tubau, propriétaire de "L'Hippocampe". "Parce qu'on a déjà perdu 80% de notre chiffre d'affaires cette année". Le patron se sent stigmatisé par cette fermeture totale "alors qu'on avait fait d'énormes efforts et réduit de 76 à 32 le nombre de couverts en terrasse".

"Mesures incohérentes"

Interrogé dimanche soir juste avant la fermeture, Christophe Ledeux, propriétaire du pub "Queen Victoria", expliquait craindre de devoir mettre la clé sous la porte, alors qu'il a déjà été lourdement touché par le confinement d'avril-mai. "Je ne pense pas qu’on puisse résister très longtemps face à ces mesures qui sont des mesures incohérentes, discriminatoires, et qui ne sont pas du tout en adéquation avec le droit du travail, parce qu’on nous oblige à fermer nos établissements du jour au lendemain, sans concertation, sans rien", dénonce-t-il.

Les employés aussi ont peur pour l'avenir, à l'instar de la serveuse Marion Servet. "Ce n'est pas "Qu’est-ce qu’on va faire pendant quinze jours?", c’est "Qu’est-ce qu’on va faire pendant dix ans?". Parce que là on n'est pas forcément sous contrat. Les CDI ils ont été difficiles à trouver après le premier confinement. On n'a pas de sécurité. Je n’ai même pas l’âge d’avoir le RSA, je n’ai plus de droits au chômage parce qu’ils se sont épuisés pendant la première fermeture. Sincèrement, je ne sais pas exactement comment ça va se passer. "

Les propriétaires de bars et restaurants ne comptent en tout cas pas en rester là. A leur demande, la région Provence-Alpes-Côte-d'Azur a déposé un recourt pour annuler l'arrêté préfectoral. Le tribunal administratif tiendra une audience mardi après midi à ce sujet.