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Révolte au Kirghizstan : les résultats des élections annulés

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Des manifestants forçant les portes du siège du gouvernement à Bichkek, 5 octobre 2020
Des manifestants forçant les portes du siège du gouvernement à Bichkek, 5 octobre 2020   -   Tous droits réservés  Vladimir Voronin/Copyright 2020 The Associated Press. All rights reserved
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Le Kirghizstan a annulé mardi les résultats controversés de ses législatives, après une nuit de violences post-électorales qui ont fait un mort et amené à la libération par la rue du grand rival du chef de l'Etat.

Contestés par les manifestants d'opposition ayant envahi dans la nuit le siège du gouvernement, les résultats du scrutin du 4 octobre 2020 ont été "déclarés aujourd'hui invalidés", a indiqué la Commission électorale de l'ex-république soviétique d'Asie centrale. Cette déclaration est intervenue après que les manifestants ont libéré de prison Almazbek Atambaïev, l'ex-président et ancien allié devenu rival du président kirghiz, Sooronbaï Jeenbekov, incarcéré depuis un an.

Le chef de l'Etat a cependant le "contrôle" de la situation dans le pays, selon la présidence kirghize. L'intéressé a assuré n'avoir sciemment pas donné l'ordre d'ouvrir le feu sur les manifestants qui, dans la nuit de lundi à mardi, ont pris d'assaut une série de bâtiments officiels, dont le siège du gouvernement, surnommé la Maison Blanche, où les bureaux ont été partiellement saccagés.

Plusieurs choses à savoir sur le Kirghizstan, petit pays d'Asie centrale ex-soviétique déjà fragilisé par le Covid-19 :

Une terre de montagnes

Les Kirghiz disent que leur pays de six millions d'habitants serait aussi grand que la Chine si toutes leurs montagnes étaient plates: sans accès à la mer, près de la moitié du territoire du Kirghizstan, qui fait 198 500 km2, est situé à plus de 3 000 m d'altitude.

Le pays a des montagnes qui portent le nom de Vladimir Lénine et du président russe Vladimir Poutine. Le sommet le plus haut du pays est celui de la Victoire, à 7 439 mètres, situé à la frontière avec la Chine.

Révolutions et violences

Le Kirghizstan a la réputation d'être le pays le plus démocratique des cinq ex-républiques soviétiques d'Asie centrale, même s'il a connu deux révolutions en 25 ans d'indépendance -- en 2005 et 2010 -- et de nombreux épisodes de violences ethniques visant notamment la minorité ouzbèke.

L'élection en 2017 de Sooronbay Jeenbekov avait permis la première passation de pouvoir pacifique entre deux présidents élus, mais les relations entre l'ancien dirigeant Almazbek Atambaïev et son protégé s'étaient rapidement dégradées.

Leur rivalité a culminé en 2019 avec l'arrestation émaillée de violences d'Almazbek Atambaïev, condamné par la suite à 11 ans de réclusion pour avoir fait relâcher un des chefs du crime organisé.

Détenu dans la prison des services de sécurité, l'ex-président a été libéré dans la nuit de lundi à mardi par des manifestants d'opposition.

De l'eau et de l'or

Le Kirghizstan a moins de ressources naturelles que ses voisins plus prospères, le Kazakhstan et l'Ouzbékistan, mais il dispose d'importantes réserves d'eau, vitale dans cette région.

Le pays envisage la construction de centrales hydroélectriques, ce qui en ferait un leader énergétique dans la zone, mais ces projets exigent des négociations délicates avec les Etats situés en aval de ses rivières, qui ont besoin d'eau pour leur agriculture.

L'autre richesse du Kirghizstan est l'or. La mine d'or de Kumtor, exploitée par le groupe canadien Centerra Gold et dont le gouvernement kirghiz détient une partie, fournissait ces dernières années environ 8 % du produit intérieur brut (PIB) kirghiz.

Un million à l'étranger

Selon la Banque mondiale, le Kirghizstan est l'un des pays les plus dépendants des transferts de fonds de migrants, cet argent représentant entre un quart et un tiers du PIB kirghiz ces dernières années.

Quelque 623 000 citoyens kirghiz résident et travaillent en Russie, selon un rapport du gouvernement russe publié en 2017.

Le statut de ces migrants s'est amélioré depuis l'intégration en 2015 du Kirghizstan à l'Union économique eurasiatique menée par Moscou.

D'autres chiffres, non officiels, établissent à un million le nombre de Kirghiz se trouvant en Russie, beaucoup d'autres étant partis travailler au Kazakhstan, en Turquie et au Proche-Orient.

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