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Mont-Blanc : comment le réchauffement climatique affecte la biodiversité et l’agriculture

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 Mont-Blanc : comment le réchauffement climatique affecte la biodiversité et l’agriculture
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A l'occasion de la semaine consacrée à l'environnement que propose euronews avec le programme "Green Tomorrow", notre reporter Guillaume Petit est parti explorer les conséquences du changement climatique dans le massif du Mont-Blanc et autour. L'objectif était simple : montrer les impacts concrets de la hausse des températures à travers les yeux de ceux qui les vivent.

Après avoir exploré les conséquences de la fonte des glaciers et du permafrost sur l'environnement et les activités de haute montagne, ce deuxième épisode nous emmène à plus basse altitude, dans la vallée de Chamonix, où le réchauffement climatique fait peser de sérieuses menaces sur la biodiversité et la survie d'espèces animales et végétales. Mais les conséquences se font également sentir sur le secteur de l'agriculture. Des producteurs de lait destiné à la fabrication du reblochon craignent d'être parmi les derniers de la région.

Le massif du Mont blanc est visible à l’horizon, et les habitants de Servoz vivent peut-être à l'abri des températures atteintes au sommet, mais pas du réchauffement climatique. Ici aussi, il s’accélère. Tout devient plus chaud et plus vert.

Cette forêt boréo-alpine, Daniel la connait par coeur. Cet écologue, qui vit à Servoz, assiste depuis plusieurs années à une transformation du paysage. Le bouleversement de l’écosystème est déjà à l’oeuvre. Des épicéas disparaissent, au profit de hêtres et de chênes. Et face au réchauffement climatique, toutes les espèces animales et végétales ne peuvent s’adapter de la même façon.

"On peut voir derrière moi les effets du réchauffement climatique puisque normalement dans la vallée de Chamonix il n’y a que des épicéas et derrière on voit qu’il des feuillus", explique Daniel Rodriguez. "_Donc globalement, tous les étages de végétation remontent en altitude et suivent les glaciers qui fondent aussi. _

Et de poursuivre : "Et donc si l’habitat remonte en altitude, les espèces remontent aussi. Le problème c’est qu’il y a moins de surface, et donc il y aura plus de compétition entre les espèces pour la nourriture, moins de diversité génétique et donc à terme cela peut conduire à un appauvrissement du nombre d’espèces voire la disparition de certaines espèces".

"A terme cela peut conduire à un appauvrissement du nombre d’espèces voire la disparition de certaines espèces"
Daniel Rodriguez
Ecologue

Avec la hausse des températures, les parasites et maladies pourront davantage se propager sur les cultures d’arbres fruitiers dans la région du Mont-Blanc, selon ce rapport. C’est l’une des nombreuses conséquences du réchauffement climatique, qui influe directement sur des secteurs économiques clés de la vallée.

Le réchauffement climatique va donc avoir des conséquences très concrètes pour les activités humaines de la vallée. Toujours selon ce rapport, la quantité de précipitations va augmenter en hiver et diminuer en été, avec une possible réduction de la quantité d'eau stockée dans les sols.

Quel avenir pour les producteurs de lait ?

Moins d’eau, plus de chaleur, un cocktail néfaste pour les élevages de vaches laitières dans les Alpes. Ce producteur laitier est le premier maillon de la chaîne de fabrication du reblochon, fournis aux restaurateurs et aux marchés de la région.

"Je doute sincèrement qu’il reste des éleveurs dans la région d’ici 50 ans."
Xavier Croz
Producteur laitier à Servoz

Xavier Croz observe des épisodes de sécheresse de plus en plus fréquents l’été. Il manque de fourrage pour nourrir ses bêtes avec des conséquences sur le bien-être des animaux mais aussi sur le niveau de sa production.

"Les vaches supportent moins bien la chaleur donc cela conduit à une moindre production l’été", souligne-t-il. "On est déjà impacté par le prix du foncier car nous sommes dans une zone touristique, mais avec le réchauffement, je doute sincèrement qu’il reste des éleveurs dans la région d’ici 50 ans".

Pour s’adapter, les éleveurs complètent l’alimentation des troupeaux par l’achat extérieur de fourrages. Pour certains, la seule solution est de limiter la production laitière.

L’une des autres solutions avancée par les acteurs de la filière serait de mieux organiser le partage des ressources foncières et en eau entre les secteurs du tourisme, de l’industrie et de l’agriculture, dont les destins sont entremêlés pour assurer la survie de leurs activités.