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Le récurrent débat sur la réforme de l’espace Schengen

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Le président français à la frontière franco-espagnole
Le président français à la frontière franco-espagnole   -   Tous droits réservés  Guillaume Horcajuelo/Copyright 2020 The Associated Press. All rights reserved
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C'est un appel politique qui revient régulièrement dans le débat européen. La réforme de l'espace Schengen est un serpent de mer de l’UE. Face à la nouvelle vague d'attentats terroristes qui frappe les Etats membres, le président français réclame une refonte de cette zone de libre circulation des personnes en Europe.

Les experts soulignent que de nombreux efforts ont déjà été réalisés depuis une dizaine d'années. "On a eu une modification du code frontière Schengen, on a eu aussi la création du corps européen de garde-frontières, on a donc un cadre juridique qui a été significativement renforcé", énumère Yves Pascouau, responsable du programme Europe de l'association Res Publica. Il souligne aussi la création d’équipes d’intervention rapide ou les 10 000 membres à venir d’ici 2027 du corps européen de garde-frontières et garde-côtes. "On voit là qu'en terme opérationnel humain mais aussi financier, des efforts considérables ont été consentis", explique le chercheur. Les Etats membres ont aussi axé leurs efforts sur l'interopérabilité de leurs systèmes informatiques.

Pour Yves Pascouau les 27 devraient dans un premier temps s'attacher à appliquer pleinement les règles déjà en vigueur. Dans le climat actuel il craint de voir le débat se concentrer uniquement sur la question de la protection des frontières extérieures, le seul aspect capable de dégager un compromis. L'enjeu de "l'asile est dans une sorte de zone flottante où il est pris en considération mais principalement pour réduire les droits, restreindre les procédures", précise Yves Pascouau.

Le président français compte présenter formellement ses premières propositions de réforme lors du sommet européen du mois de décembre. Lors d’un sommet réduit, mardi, avec les dirigeants allemand, autrichien, néerlandais et les responsables de l’UE, Emmanuel Macron a souligné que le système actuel fait l'objet de dérives. "Il y a un dévoiement qui est utilisé par des trafiquants, par des réseaux clairement identifiés. Et donc notre volonté c'est de mieux construire notre réponse commune concertée, de mieux protéger nos frontières communes, de mieux faire face à ces phénomènes contemporains pour mieux garder nos frontières ouvertes entre nous", explique le président français.

La réforme de la politique d'asile et de migration, ainsi que la lutte contre le terrorisme sont à l'ordre du jour de la réunion ce vendredi des 27 ministres de l'Intérieur.