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Difficile débat européen sur la migration et l'asile

Par Isabel Marques da Silva
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Des migrants secoursus en mer
Des migrants secoursus en mer   -   Tous droits réservés  Sergi Camara/Copyright 2020 The Associated Press. All rights reserved.
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Plus de 500 personnes ont perdu la vie ou ont disparu en mer cette année en tentant de rejoindre l'Europe par ce qu'on appelle la route de l'Afrique de l'Ouest.

Ce lourd bilan a fortement animé le débat organisé au Parlement européen sur la proposition de nouvelle politique européenne d'asile et de migration. "Nous ferons face à de nouvelles pressions à cause de la pandémie", avertit Antonio Vitorino, directeur de l’Organisation mondiale pour les migrations. "Regardez ce qui se passe dans l'Atlantique. Des centaines de personnes essayent de rejoindre les îles Canaries par l'océan Atlantique, l'une des voies les plus périlleuses au monde", insiste-t-il.

Passer par les îles Canaries est une des voies privilégiées par les migrants pour rejoindre l'Union européenne. Entre le mois d'août et le mois de novembre près de 14 000 personnes ont débarqué sur le territoire espagnol. Le chiffre en forte augmentation par rapport à la même période l'année précédente. Octobre a été particulièrement tragique puisque 222 personnes ont perdu la vie en mer, soit près de la moitié du nombre total de victimes enregistrées jusqu’à maintenant en 2020.

La Commission européenne doit présenter la semaine prochaine son plan pour l'intégration et l'inclusion. La présidente de l’institution souligne qu'il faut trouver le juste équilibre entre l'intégration et les retours vers le pays d'origine. "Les personnes qui arrivent légalement en Europe doivent avoir des droits clairs et ils doivent avoir le sentiment d'être accueillis. Ceux qui ne sont pas éligibles pour l'asile ou qui n'ont pas besoin de protection internationale doivent rentrer chez eux", explique Ursula von der Leyen.

Avec la nouvelle vague d'attentat qui a frappé l'Europe, plusieurs dirigeants demandent plus de contrôle aux frontières et des règles plus strictes en matière de migration. Mais cette solution pourrait se révéler inadéquate selon Olivia Sundberg Diez, spécialiste des questions migratoires au European Policy Centre. "La très grande majorité des attaques terroristes menées en Europe au cours de la dernière décennie ont été commises par des citoyens européens et non pas par des migrants", précise-t-elle. L’analyste souligne qu’il y a déjà de nombreuses législations sur les frontières intérieures et extérieures de l’UE. Olivia Sundberg Diez renvoie d'ailleurs les Etats membres à leurs responsabilités. Il y a "des faiblesses dans l'application de l'actuelle législation européenne sur les questions d'asile. Cela varie fortement d'un Etat membre à l'autre."

La question migratoire divise profondément les Etats membres. Ce dossier devrait aussi peser lors du sommet entre l'UE et l'Afrique prévu le mois prochain.

Journaliste • Grégoire Lory