DERNIERE MINUTE
This content is not available in your region

Coronavirus : quelles stratégies et priorités pour vacciner les Européens ?

Par Rachael Kennedy  & Vincent Coste
Coronavirus : quelles stratégies et priorités pour vacciner les Européens ?
Tous droits réservés  Yui Mok/Press Association
Taille du texte Aa Aa

Comment peut-on vacciner plus de 7 milliards de personnes contre le Covid-19 ? C'est le défi que doivent relever les responsables de la santé publique du monde entier.

Les autorités britanniques sont pour l'instant le seul organisme reconnu au niveau international à avoir approuvé l'utilisation d'un vaccin par le public. Mais d'autres pays travaillent déjà sur une stratégie pour le moment où leurs propres autorités donneront le feu vert, notamment pour décider qui seront les premiers à se faire vacciner.

Le plan français, en trois phases

La France prévoit de commencer la première phase de déploiement en janvier, avec les résidents des maisons de retraite et les soignants à haut risque en première ligne pour le premier million de vaccins, selon la stratégie vaccinale présentée le 3 décembre dernier par le Premier ministre français, Jean Castex.

La deuxième phase, qui débutera en février, "élargira le périmètre" aux 14 millions de citoyens les plus exposés à la maladie en raison de leur âge et de leur état de santé.

Certains professionnels de la santé seront également inclus dans cette phase de distribution.

D'ici le printemps, les vaccinations seront étendues à l'ensemble de la population dans le cadre de la troisième phase de la stratégie.

Le Portugal donne la priorité à 400 000 citoyens les plus vulnérables

Le Portugal prévoit également de suivre une démarche similaire en France en donnant la priorité à 400 000 de ses citoyens les plus vulnérables pour le vaccin à partir de janvier. Le pays prévoit d'avoir vacciné 1 million de personnes d'ici avril.

Le Premier ministre Antonio Costa a déclaré que le plan serait guidé par quatre principes fondamentaux : qu'il soit "universel pour tous", qu'il soit facultatif, gratuit et "distribué à toute la population selon les critères de priorité définis sur le plan technique et scientifique".

Le Royaume-Uni lancera le vaccin dès ce mardi

Le Royaume-Uni a commencé à recevoir des doses du vaccin Pfizer/BioNTech après son approbation par les autorités réglementaires du pays.

Il devrait maintenant être administré à la population à partir de ce mardi 8 décembre.

Chris Hopson, le directeur général des NHS Providers, a déclaré que les 800 000 doses envoyées seraient destinées en priorité aux personnes vivant dans des maisons de retraites médicalisées, au personnel de ces établissements et aux personnes de plus de 80 ans, ainsi qu'aux autres personnes à risques travaillant pour le NHS, le système de santé publique britannique.

La Suisse mise sur la prudence

La confédération suisse a adopté une stratégie de diversification par rapport au vaccin, en signant des contrats avec trois laboratoires différents, à savoir Pfizer/BioNTech, AstraZeneca et Moderna. Mais contrairement à de nombreux autres pays occidentaux, la Suisse, qui ne dispose pas de procédure d'homologation en urgence, ne devrait pas commencer à vacciner sa population avant 2021.

Les gros volumes qui permettront de vacciner plus largement la population du pays, qui compte 8,6 millions d'habitants, ne sont pas attendus rapidement. A terme, Berne "espère" vacciner quelque 70 000 personnes par jour.

"Ne nous faisons pas d'illusions" sur le fait qu'un vaccin suffit

Malgré cet optimisme européen, les Nations unies ont averti qu'un vaccin ne suffirait pas à réparer les dommages déjà causés par la pandémie.

"Des vaccins pourraient être disponibles dans les semaines et les mois à venir", a déclaré le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres : "Mais ne nous leurrons pas. Un vaccin ne peut pas réparer les dommages qui s'étendront sur des années, voire des décennies, à venir".

"Les récentes avancée sur les vaccins ant-Covid-19 offrent une lueur d'espoir. Mais cette lueur d'espoir doit atteindre tout le monde. Les vaccins doivent être traités comme un bien public mondial, un vaccin accessible et abordable pour tous, partout.", António Guterres

Le secrétaire général de l'ONU a ensuite évoqué l'augmentation de la pauvreté, la menace de famines et la "plus grande récession mondiale depuis 80 ans", ce qui, selon lui, n'est pas dû au seul coronavirus.

"Près d'un an après le début de la pandémie, nous sommes confrontés à une tragédie humaine et à une urgence de santé publique, humanitaire et de développement", a-t-il ajouté.

António Guterres a également exhorté les nations les plus riches du monde à soutenir l’Access to COVID-19 Tools Accelerator de l'Organisation mondiale de la santé, afin de contribuer à la distribution de vaccins aux populations les plus pauvres du monde.

Il a expliqué qu'il restait un déficit financier de 28 milliards de dollars (23 milliards d'euros), dont 4,3 milliards de dollars (3,5 milliards d'euros) "nécessaires d'urgence" dans les prochains mois.

Un traité pour soutenir l'OMS ?

Le président français Emmanuel Macron et la chancelière allemande Angela Merkel ont tous deux soutenu le programme, encourageant la communauté internationale à apporter des fonds supplémentaires.

Le locataire de l'Elysée, qui a déclaré que 10 milliards de dollars (8,2 milliards d'euros) avaient été collectés jusqu'à présent, a également réitéré une suggestion de "mécanisme de dons" pour garantir que les vaccinations soient effectuées en faveur des groupes prioritaires dans les pays en développement.

Charles Michel, le président du Conseil européen, a quant à lui lancé l'idée d'un traité international pour aider l'OMS à faire face à d'éventuelles pandémies.

Ce traité servirait à surveiller les maladies infectieuses chez les animaux, à améliorer l'accès aux soins de santé et à régler les problèmes de financement.

"Le principe de l'accès universel aux nouveaux vaccins contre le Covid-19 est fondamental. Notre objectif doit être de garantir l'accès aux vaccins, aux traitements et aux tests pour les futures pandémies. Cela devrait être établi dans un traité", a-t-il expliqué.

Sources additionnelles • Traduction : Thomas Seymat