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"Séparatisme" : "Ce n'est pas un texte contre la religion musulmane", se défend Jean Castex

Par euronews avec AFP
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Jean Castex
Jean Castex   -   Tous droits réservés  AFP
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Signe que le sujet est particulièrement inflammable : le mot "séparatisme" a finalement été gommé du nom du texte. C'est donc un projet de loi "confortant les principes républicains" que le gouvernement français a présenté en Conseil des ministres ce mercredi.

Dans les faits, il vise entre autres à lutter contre "l'hydre islamiste" et ses tentatives de "contre-société", selon l'expression d'Emmanuel Macron. Le projet de loi inclue des mesures qui vont de l'éducation aux associations cultuelles en passant par la lutte contre la haine en ligne ou les conditions de financement des cultes.

Pêle-mêle, le Premier ministre Jean Castex a évoqué "ces enfants retirés de l'école pour recevoir une éducation communautariste", les "associations sportives qui mènent des actions de prosélytisme religieux", ou encore les "associations cultuelles qui se font des relais d'influence étrangère" :

Mais l'exécutif marche sur des oeufs, car le débat pourrait bien relancer les accusations de stigmatisation des musulmans formulées par une partie de l'opposition et des associations au gouvernement.

"Ce projet de loi n'est pas un texte contre les religions, ni contre la religion musulmane en particulier", s'est défendu le Premier ministre Jean Castex. "C'est à l'inverse, une loi de liberté, c'est une loi de protection, c'est une loi d'émancipation face au fondamentalisme religieux, et plus généralement face à toute idéologie ou dérive qui poursuivrait les mêmes finalités."

Dans le détail, le texte propose des mesures pour restreindre fortement l'instruction à domicile même si des dérogations, pour raison de santé notamment, resteront possible. Il permet aussi un contrôle accru du fonctionnement et du financement des associations cultuelles. Le projet de loi inclue aussi la création d'un nouveau délit pour lutter contre la haine en ligne.

Avec ce texte, Emmanuel Macron tente d'occuper l'espace sur les questions de lutte contre l'islamisme radical, afin de ne pas laisser le champ libre à Marine Le Pen, à moins de deux ans de la présidentielle.

Mais la majorité est elle-même traversée par des clivages sur le sujet de la laïcité, entre députés venant de la gauche et ceux qui viennent plutôt de la droite.

Ainsi, la présidente déléguée du groupe La République en Marche à l'Assemblée Aurore Bergé compte proposer un amendement pour interdire le port du voile aux jeunes filles, une éventualité que le Premier ministre a écarté.

Face à une partie de l'opposition, Rassemblement National de Marine Le Pen en tête, qui accuse le gouvernement de laxisme, le débat à l'Assemblée prévu en 2021 pourrait donc s'avérer être aussi un test de cohésion politique pour la majorité présidentielle.