Organiser un référendum pour inscrire la défense de l'environnement dans la Constitution française ? N'est-ce qu'"un coup de com" ? "Une annonce symbolique" ? Des éléments de réponse ici.
En France, alors que la convention citoyenne sur le climat exhortait le président Emmanuel Macron à prendre des décisions fortes contre le réchauffement climatique, après trois heures et demi de débat, la seule annonce retenue par tous, c'est l'ouverture de la voie à un référendum pour introduire la défense de l'environnement et la lutte contre le réchauffement climatique à l'article premier de la Constitution.
Une annonce accueillie avec quelques applaudissements, mais fraîchement par tous les acteurs politiques et associatifs.
Car il est un fait que l'on oublie peut-être, c'est que depuis 2005, le respect des droits et devoirs de la charte de l'environnement est cité dans le premier alinéa du préambule de la Constitution française.
L'opposition de droite a critiqué un "coup de com" politique pour deux raisons. Primo, elle estime que la défense de l'environnement est donc déjà présent dans la constitution. Secondo, il n'est pas évident que la question puisse être soumise à référendum d'ici la fin du quinquennat : l'Assemblée nationale et le Sénat devant voter le même texte pour qu'il soit soumis aux Français.
Comparer avec d'autres pays d'Europe pourrait néanmoins être inspirant pour proposer des modifications du texte de la Constitution française. La Suisse, l'Espagne, les Pays-Bas ou encore la Norvège ont en effet modifié leurs constitution pour intégrer ces notions écologiques.
En tout cas, le président Macron espère porter son modèle de convention climat citoyenne sur la scène européenne :
"Et moi je souhaite, fort de ce qu’on a fait, non seulement développer d’autres conventions citoyennes pour notre pays, mais proposer aux partenaires européens que, pour la présidence française, on puisse essayer d’européaniser ce que nous avons fait ensemble. Je pense qu’il y aurait beaucoup de valeur à ce que collectivement, on propose une convention citoyenne européenne."
Du côté des ONG, Greenpeace a regretté ces annonces "essentiellement symboliques" de la part d'un président qui je cite "a brillé par une intervention creuse, sans nouvelles annonces".