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Brexit : l'issue des négociations effraie les pêcheurs néerlandais

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Brexit : l'issue des négociations effraie les pêcheurs néerlandais
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C'est un peu le calme avant la possible tempête, au port d'IJmuiden, à l'ouest d'Amsterdam, aux Pays-Bas. Une tempête comme ces pêcheurs n'en ont pas affronté depuis des décennies. C'est peut-être l'une des dernières occasions qu'ont ces pêcheurs néerlandais de se rendre dans les eaux britanniques, avant le 31 décembre, date qui marquera la fin de la période de transition avant la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne.

Britanniques et Européens reprennent samedi d'âpres négociations à Bruxelles pour trouver un accord post-Brexit, avec la pêche au coeur de leurs discussions. Les négociateurs européen Michel Barnier et britannique David Frost devraient se rencontrer dans la journée alors que les pourparlers techniques ont repris, selon une source européenne.

Sans accord, les pêcheurs néerlandais ne seront plus en mesure de sillonner les eaux britanniques. Or, 70% du chiffre d'affaire de ces entreprises en dépendent. Les eaux britanniques regorgent en effet de ces poissons pélagiques, qui vivent près de la surface de la mer, comme le hareng, le maquereau et la sardine. "Les pêcheurs vont dans ces eaux du Royaume-Uni et de l'Écosse depuis des siècles", souligne Gerard van Balsfoort, président de l'Association européenne des chalutiers-congélateurs de pêche pélagique.

La pêche constitue l'un des derniers points de blocage pour aboutir à un accord commercial post-Brexit entre Londres et Bruxelles. Au coeur de la négociation, le partage des quelque 650 millions d'euros pêchés chaque année par l'UE dans les eaux britanniques et la durée de la période qui permettrait aux pêcheurs européens de s'adapter aux nouvelles conditions.

Bruxelles proposerait de renoncer à environ 20% de ces 650 millions sur une période de sept ans, quand les Britanniques en revendiquent 60% sur une période d'adaptation de 3 ans, selon des sources européennes.

Enjeu de souveraineté

Dans l'usine voisine de Cornelis Vrolijk, des équipes de travailleurs dépiautent et nettoient un flux constant de harengs, destiné à être emballé pour les consommateurs belges, néerlandais et allemands. "S'il y a un no-deal, nous ne serons pas autorisés à pêcher dans les eaux britanniques. Le hareng représente pour nous la moitié de la pêche", relève Arnout Langerak, directeur de l'entreprise.

L'une des frustrations des Néerlandais - qui raffolent du hareng cru - est que les Britanniques ne consomment qu'une partie restreinte du poisson qui se trouve dans leurs propres eaux territoriales. "Les Britanniques mangent surtout du fish and chips, pas de harengs, ni de maquereaux, tout ce que nous, nous mangeons. Eux mangent de la morue", souligne Arnout Langerak. "C'est typique des Britanniques de vouloir davantage du quota qu'ils ne consomment même pas eux-mêmes."

Londres a fait de la pêche un symbole de sa liberté retrouvée alors que le secteur ne représente qu'une très faible part des économies des pays côtiers : moins d'1% du PIB de l'Union européenne et 0,1% seulement du PIB britannique.

Les négociations se déroulent sous la pression toujours plus forte du calendrier : l'accord doit être conclu avant que le Royaume-Uni abandonne définitivement le marché unique européen et l'union douanière le 31 décembre à 23H00 GMT. Le Parlement européen a averti qu'il voulait un accord d'ici "dimanche minuit", sans quoi il ne pourra pas l'examiner et le ratifier afin qu'il puisse entrer en vigueur le 1er janvier.