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Fin du coup de force des pro-Trump au Capitole, Donald Trump admet que son mandat est terminé

Par Sandrine Delorme  & euronews avec AFP, AP
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Fin du coup de force des pro-Trump au Capitole, Donald Trump admet que son mandat est terminé
Tous droits réservés  AP Photo
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Le Capitole, temple de la démocratie américaine, sous protection de la garde nationale... Et ce n'est pas grâce à Donald Trump, mais au vice-président sortant Mike Pence qui a ordonné son déploiement pour restaurer l'ordre et faire respecter le couvre-feu après l'irruption violente pendant plusieurs heures de centaines de partisans trumpistes dans l'enceinte du sénat et de la chambre des représentants.

Une femme est morte, une partisane de Donald Trump, touchée par balles.

Tout a commencé en milieu d'après-midi à Washington, la foule de manifestants pro-Trump déborde les services de sécurité et envahit le bâtiment fédéral, des scènes de chaos se succèdent. Les élus se cachent sous des bureaux, tandis que la police essaye de reprendre le contrôle. Des coups de feu et des grenades lacrymogènes sont tirés.

Les manifestants entrent d'abord sous la coupole, puis au sénat et dans la chambre des représentants. Certains emportent des trophées, d'autres se font prendre en photo dans le bureau de la speaker de la chambre des représentants Nancy Pelosi.

Et c'est un président élu bien sombre qui prend la parole pour dénoncer une attaque sans précédent contre la démocratie américaine et exhorter Donald Trump à condamner ces violences :

"Les paroles d'un président comptent. Peu importe que ce président soit bon ou mauvais. Au mieux, les paroles d'un président peuvent inspirer. Au pire, ils peuvent inciter" a notamment déclaré Joe Biden.

Donald Trump avait jeté de l'huile sur le feu vers midi en martelant à des milliers de ses partisans venus exprès à Washington qu'on leur avait volé l'élection. Finalement, Donald Trump exaucera en partie Joe Biden en se fendant d'une brève vidéo dans laquelle il demande à ses partisans de se tenir à l'écart de la violence et de "rentrer chez eux" :

"Je comprend votre douleur. Je sais que vous êtes blessés. On nous a volé une élection. C'était une élection écrasante, et tout le monde le sait, Mais vous devez rentrer chez vous maintenant. Nous devons avoir la paix".

Certains de ses partisans l'ont écouté et sont partis, mais beaucoup d'autres sont restés sur la colline de Capitole où le Congrès a fini par valider la victoire de Joe Biden à la présidentielle.

Donald Trump a ensuite admis que son mandat était terminé et promis une transition ordonnée le 20 janvier.

Bilan de cette nuit noire

Ce matin, le chef de la police de Washington a annoncé que la femme morte après avoir participé au coup de force dans l'enceinte du Congrès avait été abattue par un tir de la police du Capitole.

Ardente partisane du président Donald Trump, elle s'appelait Ashli Babbitt et vivait dans la région de San Diego, dans le sud de la Californie, ont rapporté des médias américains.

Elle faisait partie d'un groupe de manifestants qui ont semé le chaos dans le Capitole, alors que les élus entamaient la certification de la victoire du démocrate Joe Biden.

"Des agents en uniforme de la police du Capitole les ont affrontés et, à un moment, l'un d'eux a fait usage de son arme de service" et l'a touchée, a déclaré lors d'une conférence de presse le chef Robert Contee. Elle a été déclarée morte après son transfert à l'hôpital.

Une enquête interne a été ouverte sur cet "événement tragique", a-t-il ajouté.

Trois autres personnes - une femme et deux hommes - sont mortes aux alentours du Capitole "d'urgence médicale distincte", a déclaré Robert Contee, sans donner plus de détails, ni dire s'il s'agissait de participants aux manifestations.

Les causes de leurs morts ne pourront pas être établies avant leur examen par un médecin légiste, a-t-il ajouté.

La police a, selon lui, également procédé à 52 interpellations mercredi, dont 26 dans l'enceinte du Capitole.

Pour parer à d'éventuelles nouvelles manifestations, la maire de Washington Muriel Bowser a étendu l'état d'urgence dans la capitale fédérale pour 15 jours, soit jusqu'à la fin du mandat de Donald Trump. Cela lui permettra, si nécessaire, de renouveler le couvre-feu décrété pour la nuit de mercredi à jeudi, ou de réquisitionner des moyens supplémentaires.