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Birmanie : la junte poursuit sa répression, deuxième inculpation pour Aung San Suu Kyi

Par euronews avec AFP
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Birmanie : nouvelles arrestations et coupures d'internet, alors que les manifestations se poursuivent
Birmanie : nouvelles arrestations et coupures d'internet, alors que les manifestations se poursuivent   -   Tous droits réservés  AFP
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L'armée birmane poursuit les arrestations et les coupures d'internet pour tenter de mettre un terme au soulèvement populaire contre leur coup d'État, faisant fi des condamnations internationales.

Il y a d'abord le courant qui ne passe plus entre l'armée et ces milliers de manifestants qui continuent à dénoncer dans la rue le coup d'Etat militaire. Et puis, une connexion qui ne passe plus, littéralement. Celle d'Internet, coupé de nouveau très tôt dans la nuit de lundi à mardi par l'armée, avant d'être rétablie ce matin.

Ces perturbations, récurrentes depuis le début de la mobilisation contre le coup d'État militaire, sapent "les principes démocratiques fondamentaux", a déclaré l'émissaire des Nations Unis pour la Birmanie, Christine Schraner Burgener, lors d'un entretien téléphonique avec Soe Win, commandant adjoint de l'armée birmane.

Les coupures nuisent aussi "à des secteurs-clés, y compris les banques", a-t-elle ajouté dans ce rare échange entre la junte et le monde extérieur.

Mais il semble que les manifestants soient déterminés à passer au-dessus de la censure et les arrestations. "Aussi effrayés qu'ils soient par la répression brutale qu'ils ont connue dans le passé, et par le fait que l'armée pourrait les viser à tout moment, leur première crainte c'est de vivre à nouveau sous une dictature militaire brutale", a déclaré Tom Andrews, rapporteur spécial de l'ONU pour la Birmanie.

Des moines bouddhistes dans la rue, deuxième inculpation pour Aung San Suu Kyi

Dans la capitale, les manifestants se sont rassemblés devant un commissariat de police, où un groupe de lycéens a été libéré. En tout, plus de 400 personnes - responsables politiques, militants, médecins, étudiants - ont été arrêtées depuis le début de la contestation.

Ailleurs dans le pays, des moines bouddhistes ont rejoint la mobilisation pour dénoncer le coup d'État militaire, 14 ans après leur "révolution de safran". Tout un symbole. A l'époque, leurs manifestations brutalement réprimées appelaient déjà à des réformes démocratiques.

Des milliers de manifestants se sont aussi rassemblés devant les locaux de la Ligue nationale pour la démocratie (LND), le parti d'Aung San Suu Kyi. L'ex-dirigeante de 75 ans est toujours assignée à résidence après avoir été inculpée pour avoir importé illégalement des talkie-walkies. Elle a d'ailleurs été inculpée une seconde fois ce mardi pour "avoir violé une loi sur la gestion des catastrophes naturelles". En réalité, l'armée semblait surtout craindre que la victoire éclatante de son parti aux dernières élections réduise l'influence des généraux.

Avec le président de la République Win Myint, interpellé lui aussi dès les premières heures du coup d'Etat, elle devait être interrogée cette semaine par un tribunal "par vidéoconférence", a déclaré l'avocat Khin Maung Zaw, ajoutant qu'il n'avait pu entrer en contact avec ses clients.

Mais cette audience n'aura rien d'équitable, a commenté à l'AFP Tom Andrews, rapporteur spécial de l'ONU pour la Birmanie. "Il n'y a rien de juste dans la junte. C'est du théâtre. C'est juste du théâtre. Et bien sûr, personne ne les croit".