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Algérie : une marée humaine pour le deuxième anniversaire du Hirak

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Par AFP & Euronews
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Des milliers de manifestants ont défilé dans les rues des principales villes algériennes, deux ans après le début du Hirak
Des milliers de manifestants ont défilé dans les rues des principales villes algériennes, deux ans après le début du Hirak   -   Tous droits réservés  RYAD KRAMDI/AFP or licensors
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Des milliers de manifestants ont défilé ce lundi à Alger, et d'autres rassemblements ont eu lieu dans le pays, pour le deuxième anniversaire du Hirak, mouvement populaire qui tente de se relancer après un an d'interruption dû à la crise sanitaire.

Il s'agit du cortège le plus imposant dans la capitale depuis la suspension des marches du Hirak mi-mars 2020 à cause de la pandémie de Covid-19, selon des journalistes de l'AFP présents sur place.

"Nous ne sommes pas venus pour célébrer, mais réclamer votre départ", ont scandé les protestataires, en référence au régime auquel ils s'opposent depuis deux ans.

Les protestataires se sont frayés un chemin vers le centre d'Alger, malgré un impressionnant dispositif policier, en déployant drapeaux nationaux et amazighs (berbères) devant la Grande Poste, lieu de rassemblement emblématique du Hirak.

La police, qui a essayé de les empêcher d'avancer vers la Grande Poste, lieu de rassemblement emblématique du Hirak, a procédé à des interpellations, parfois musclées. Le Comité national pour la libération des détenus (CNLD) a fait état de près d'une trentaine de personnes interpellées à Alger et une soixantaine dans l'ensemble du pays.

En province, des marches ont eu lieu, notamment à Annaba, Oran, Béjaïa, Sétif, Bouira, Mostaganem, Constantine et Tizi Ouzou.

"Magma contre-révolutionnaire"

Déclenché le 22 février 2019, le Hirak, mouvement de protestation populaire inédit, avait poussé Abdelaziz Bouteflika, au pouvoir depuis deux décennies, à la démission deux mois plus tard.

Ses partisans continuent aujourd'hui de réclamer le démantèlement du "système" en place depuis l'indépendance en 1962, synonyme à leurs yeux d'autoritarisme et de corruption.

Si le régime, le président Abdelmadjid Tebboune en tête, rend régulièrement hommage au "Hirak authentique béni", il considère que ses revendications sont désormais satisfaites, qualifiant aujourd'hui ses partisans de "magma contre-révolutionnaire".

Cet anniversaire survient au lendemain d'une série de décisions du président Tebboune, qui s'efforce de reprendre l'initiative, après une longue hospitalisation en Allemagne, face à une triple crise, politique, économique et sanitaire.

Grâce présidentielle

Jeudi, le président a décrété une grâce en faveur d'une soixantaine de détenus d'opinion, dans un geste d'apaisement.

Depuis, près de quarante prisonniers ont été libérés, dont l'opposant Rachid Nekkaz et le journaliste Khaled Drareni, devenu un symbole du combat pour la liberté de la presse.

Comme promis, Abdelmadjid Tebboune a procédé dimanche à un remaniement gouvernemental, très attendu mais sans changement majeur.

Le Premier ministre Abdelaziz Djerad, pourtant critiqué, reste à son poste ainsi que les détenteurs des ministères régaliens. C'est le cas du ministre de la Justice, Belkacem Zeghmati, symbole de la lutte anticorruption mais aussi de la répression judiciaire.

Le chef d'Etat a également dissous dimanche l'Assemblée nationale, chambre basse du Parlement, ouvrant comme prévu la voie à des législatives anticipées dans les six mois. Aucune date n'a encore été fixée pour le scrutin, mais juin est évoqué.