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Fukushima dix ans après : démanteler la centrale et reprendre une vie normale

Par Laurence Alexandrowicz
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Le 11 mars 2011, la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi a été partiellement détruite par un tsunami. De nombreux habitants ont dû quitter la région et une course contre la montre s'est engagée pour procéder au démantèlement qui inclut la décontamination du site. Comment le Japon a-t-il surmonté cette épreuve ? Quelles leçons a-t-on tiré de cette catastrophe ? Nos équipes sont allées à Fukushima à la rencontre des experts et des habitants.

Dans l'enceinte de la centrale de Fukushima Daiichi, au nord de Tokyo, les opérations de retrait des combustibles et des débris se poursuivent, la décontamination du site devant s'achever dans 30 ou 40 ans. La gestion de l'eau contaminée utilisée pour refroidir les réacteurs est l'un des défis environnementaux des prochaines années. Une fois traitée, cette eau est stockée dans des réservoirs qui seront pleins en 2022. Il faudra donc l'évacuer et deux pistes sont envisagées : la vaporiser dans l'air ou la rejeter en mer.

Depuis la catastrophe, le Japon a modifié ses normes de sécurité et selon l'Agence internationale de l'énergie atomique, les méthodes utilisées sur le site tout comme les mesures de radioactivité sont fiables. "De manière générale, la façon dont le Japon aborde le sujet est en ligne avec ce qu'on peut attendre," affirme Christophe Xerri, directeur de la Division du cycle du combustible nucléaire et de la technologie des déchets à l'AIEA à Vienne. L'AIEA s'est rendue sur le site pour la dernière fois en 2020.

Dans la ville d'Okuma où est installée la centrale de Fukushima Daiichi, des habitants préparent une cérémonie organisée pour les dix ans de la catastrophe dans un quartier reconstruit. Partout dans les rues, des installations mesurent la radioactivité qui a beaucoup baissé en dix ans tandis que les zones interdites diminuent au fil des ans.

Installée à Okuma, la famille Kato est revenue dans sa ferme deux semaines après l'accident. Pour redémarrer l'activité agricole, il a fallu regagner la confiance des consommateurs. "Jusqu'à l'an dernier, j'ai décontaminé en pulvérisant du produit : ce qui a entraîné un surplus de travail car il fallait pouvoir exporter en toute sécurité," indique Kato Koji. "Mais nous n'avons pas décelé de radioactivité pendant cinq ans d'affilée ; maintenant, on fait juste des contrôles," précise-t-il. Son épouse confie quant-à-elle son attachement à sa commune : "J'ai quatre enfants et je serais heureuse s'ils pouvaient dire qu'ils sont fiers d'être nés ici."

Journaliste • Laurence Alexandrowicz

Video editor • Sebastien Leroy

Sources additionnelles • Cameraman : Miyazu Susumu ; production : Youcef Koliai ; editor in chief : Serge Rombi