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Covid-19 : inquiétudes sur la santé mentale des enfants face à la pandémie

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La psychiatre Coline Stordeur parle avec une jeune patiente de l'hôpital Robert Debré, à Paris, le 2 mars 2021.
La psychiatre Coline Stordeur parle avec une jeune patiente de l'hôpital Robert Debré, à Paris, le 2 mars 2021.   -   Tous droits réservés  (Christophe Ena/The Associated Press)
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Des médecins français s'inquiètent des conséquences de la pandémie sur la santé mentale des enfants. A l'hôpital pédiatrique Robert Debré situé à Paris, le personnel soignant dit observer une augmentation des tentatives de suicide chez les jeunes.

"On a une augmentation majeure des tentatives de suicide chez les 15 ans et moins. On observe une augmentation depuis septembre d'à peu près 100%, explique le professeur Richard Delorme, chef du service de pédopsychiatrie. Habituellement, on comptait une vingtaine de tentatives par mois, aujourd'hui nous sommes parfois à 40."

Les psychiatres de cet hôpital parisien reçoivent aussi des enfants qui souffrent de phobies, de tocs et de troubles alimentaires liés au Covid-19. Certains jeunes patients vont parfois jusqu'à s'enduire le corps de gel désinfectant ou s'arrêtent de manger par peur de prendre du poids.

"On a eu plusieurs situations d'enfants qui nous ont parfois dit : à partir du printemps dernier, au moment du confinement, j'ai eu des préoccupations autour de mon alimentation, ou j'ai commencé à me trouver trop gros", souligne Coline Stordeur, psychiatre._ "D'autres qui ont pu nous dire : moi j'ai bien compris que les recommandations sont qu'il faut bouger et faire du sport. Mais avec le confinement, je ne pouvais plus faire mon sport alors que d'habitude je vais au club, je fais des matchs, et là j'étais privé de tout ça, donc j'avais très peur de grossir, et j'ai commencé à réduire. Au début, j'ai arrêté le sucre, après le gras, et puis après j'ai tout arrêté."_

L'inquiétude des médecins français rejoint celle du Fonds des Nations unies pour l'enfance. Début mars, l'Unicef a déclaré que le "confinement pourrait mettre en péril la santé mentale des enfants" partout à travers le monde, et davantage encore pour les 139 millions d’enfants soumis à confinement obligatoire pendant au moins neuf mois.