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Dix ans de conflit en Syrie : la version d'un ex-combattant rebelle

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Retour en mars 2011 en Syrie : le soulèvement pacifique contre le régime de Bachar el-Assad qui vient de débuter tourne en quelques semaines, au conflit armé. La répression brutale menée par le gouvernement pousse des officiers à déserter et à former une "Armée syrienne libre". Un tournant dans la révolte contre le régime.

Khaled (nom d'emprunt) qui vit aujourd'hui en Europe avait 21 ans quand il a décidé de combattre pour une autre Syrie. "On continuait d'interpeller la communauté internationale parce que c'était la seule chose qu'on pouvait faire," confie-t-il. "Mais ensuite, on a perdu espoir et on s'est dit qu'on ne pouvait compter que sur nous-mêmes," dit-il.

"Parfois, je prenais la vie de gens"

"J'étais jeune et je n'étais pas médecin, je ne savais pas quoi faire d'autre ; donc j'ai choisi la lutte armée, mais je vais vous dire : je ne savais pas me servir d'une arme, je n'en avais jamais vue en vrai," précise-t-il.

Le jeune homme poursuit en indiquant avoir eu le sentiment "la plupart du temps" de faire ce qu'il fallait en combattant. "Mais parfois, je me posais des questions parce que vu ce que je faisais, des fois, je prenais la vie de gens," avoue-t-il.

Au fil des mois, notamment à Alep en juillet 2012, les combats s'intensifient. Et les avions du régime commencent à bombarder des zones urbaines densément peuplées.

Au terme de la deuxième année de conflit, un million de civils a quitté le pays et deux autres millions ont été forcés de rejoindre d'autres régions du pays.

La "ligne rouge" de l'attaque chimique

Constatant cette escalade, les États-Unis envoient un message aux dirigeants syriens. "Nous avons fait savoir de façon claire au régime de Bachar el-Assad et à d'autres acteurs sur le terrain qu'il s'agissait d'une ligne rouge pour nous," indique Barack Obama, le 20 août 2012 depuis Washington. "Si nous commencions à voir des quantités d'armes chimiques déplacées ou utilisées," ajoute-t-il, "cela changerait ma vision des choses, mon équation."

Mais un an plus tard, les villes de la Goutha orientale et occidentale à la périphérie de Damas subissent l'impensable : des roquettes contenant du gaz sarin visent sur des zones contrôlées par l'opposition causant des centaines de morts.

La ligne rouge évoquée par Barack Obama est franchie. À la suite de cette attaque, les Occidentaux n'ont jamais été aussi proches de déclencher une intervention directe en Syrie. Elle ne se produira pas.

"Faire face à la vie est aussi dangereux que faire face à la mort"

Suite à cette offensive, Khaled est grièvement blessé. Il réussit à quitter la Syrie pour se faire soigner.

Aujourd'hui, l'ancien combattant rebelle estime que c'est en tant que réfugié que son courage est davantage mis à l'épreuve.

"J'ai appris que la violence ne mène nulle part," assure Khaled. "Faire face à la vie est aussi dangereux que faire face à la mort. Cela demande simplement plus d'énergie," renchérit-il.

"Détruire, c'est super facile ; tuer peut être super facile, m__ais gagner la confiance des autres, procurer de la joie, diffuser des connaissances, reconstruire, c'est super difficile," insiste-t-il.

Journaliste • Anelise Borges