DERNIERE MINUTE
This content is not available in your region

L'Allemagne se referme face au Covid-19 et à ses variants

euronews_icons_loading
L'Allemagne se referme face au Covid-19 et à ses variants
Tous droits réservés  Michael Kappeler/(c) dpa/Pool
Taille du texte Aa Aa

Au bout de presque douze heures de négociations entre la chancelière allemande et les représentants des Länder, le verdict est finalement tombé à Berlin : la plupart des magasins seront fermés et les offices religieux annulés le weekend de Pâques, du 1er au 5 avril, et les rassemblements, comme la restauration en plein air, seront interdits. Seuls les magasins d'alimentation pourront ouvrir le 3 avril.

Nombre de restrictions en vigueur depuis fin 2020, comme les limitations de réunions privées, sont quant à elles prolongées jusqu'au 18 avril.

"La situation est grave" a déclaré Angela Merkel car "le nombre de cas augmente de manière exponentielle et les lits de soins intensifs se remplissent à nouveau".

Pire, l'Allemagne est entrée dans une "nouvelle pandémie" en raison de la propagation des nouveaux variants. "Nous avons un nouveau virus (...) il est beaucoup plus létal, beaucoup plus infectieux et contagieux pendant beaucoup plus longtemps", a-t-elle expliqué lors de son point presse.

Étant donné la situation, l'Organisation mondiale de la santé redoute que "le virus ne prenne le monde en otage pendant encore plusieurs années". Elle s'inquiète de l'augmentation du nombre de cas la semaine dernière après six semaines de baisse, sans doute à cause des variants.

L'OMS est également très critique à l'égard de la politique d'accumulation des vaccins par les pays riches.

"Le fossé entre le nombre de vaccins administrés dans les pays riches et le nombre de vaccins administrés grâce à Covax se creuse et devient chaque jour plus grotesque. \_Les pays les plus pauvres du monde se demandent si les pays riches pensent vraiment ce qu'ils disent quand ils parlent de solidarité"_ a déclaré Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l'OMS.

Alors qu'AstraZeneca vient de publier une nouvelle étude qui montre son efficacité et son absence de dangerosité, l'Espagne entend reprendre à son tour les injections de ce vaccin. Elle les avait suspendues le 15 mars après l'apparition de graves cas de thromboses en Europe.

La ministre espagnole de la santé Carolina Darias attend encore d'avoir les détails de cette nouvelle étude portant sur plus de 30 000 volontaires aux États-Unis, au Chili et au Pérou, pour réévaluer le vaccin, mais pour l'instant AstraZeneca est recommandé pour tous les adultes de moins de 65 ans.

En France, les recommandations pour son administration ne sont pas les mêmes : il est réservé aux personnes de 55 ans et plus car les cas suspects de thromboses ont uniquement été observés chez des moins de 55 ans.

La reprise et l'élargissement des vaccinations avec AstraZeneca devraient en tout cas accélérer les choses alors que Madrid prévoit de vacciner 70 % de la population d'ici à la fin de l'été.

Sur le plan des restrictions sanitaires, de nombreux Espagnols restent perplexes et s'indignent car les déplacements entre les régions sont interdits alors que les arrivées internationales par avion sont toujours autorisées. Les Allemands et les Français, notamment, arrivent en grand nombre pour échapper à leurs propres restrictions nationales, plus strictes qu'en Espagne.