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Super League : le jour où les Anglais ont dit "non"

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Par euronews
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Super League : le jour où les Anglais ont dit "non"
Tous droits réservés  Clive Rose/AP

Les six clubs anglais impliqués dans le projet de Super League ont décidé de se retirer. Le championnat est "suspendu", a fait savoir le président du Real Madrid Florentino Perez. Récit d'une journée où les Anglais ont dit "non".

Des fans de Chelsea manifestaient ce mercredi aux cris de "Rendez-nous Chelsea", furieux contre leur club, qui a décidé sans les consulter de rejoindre le projet de Super League.

"Si les fans sont exclus, Honnêtement je vais boycotter les matchs. Personne ne les regadera. C'est fini pour eux", peste une manifestante.

Depuis dimanche, la pression était si forte en Angleterre que les six clubs impliqués se sont retirés du projet. Les supporteurs ont appris la nouvelle en pleine manifestation. Les cris de colère ont laissé place à des manifestations de joie.

"Ca aurait tout gâché. ça aurait détruit le football anglais, ça aurait détruit la Premiere League, ça aurait détruit notre vie de fans de Chelsea", résume un homme après l'annonce du retrait des Blues.

Le projet est officiellement "suspendu", a déclaré Florentino Perez, le dirigeant du Real Madrid et véritable cerveau de la tentative de sécession. En réalité, seul son club et le FC Barcelone n'ont pas encore annoncé leur sortie du projet et ce dernier semble bel et bien mort-né.

Devant l'Emirates Stadium d'Arsenal, les amoureux du foot s'en félicitent : ''Nous avons été dégoûtés, c'est aussi simple que cela. Bien sûr que nous voulons jouer contre les plus grands clubs d'Europe. Nous voulons le faire tous les ans, mais nous voulons le faire de la bonne manière. Comment vous pouvez avoir une ligue où les équipes achètent leur place ?'' demande Robbie Lyle, animateur vedette d'AFTV, la chaîne Youtube des fans d'Arsenal, l'une des plus suivies aux monde dans le monde du football.

Opposition au sommet de l'Etat

Au Royaume-Uni, cette annonce surprise de création d'une ligue privée semi-fermée réunissant 15 autoproclamés "super clubs" a semé la colère jusqu'au 10 Downing Street.

"Soyez sûrs que nous ne soutiendrons pas la création de cette Super League européenne. Je pense que ce n'est pas dans l'intérêt des fans, ce n'est pas dans l'intérêt du football", avait répété le Premier ministre Boris Johnson, l'un des premiers dirigeants d'Europe à s'opposer à ce championnat.

Pour John Bercow, l'ancien président de la chambre des communes du Royaume-Uni que notre reporter a rencontré, maillot d'Arsenal sur les épaules, "c'était une tentative de putsch par unepoignée__ de milliardaires". John Bercow ne mâche pas ses mots : ce fan des Gunners plaide pour une réforme profonde du football anglais.

"Les fans qui aiment ce sport et qui assistent aux matchs, paient leurs billets, devraient être aux commandes. Cela serait juste et approprié. Mais la façon dont les choses sont faites est mauvaise et inappropriée", estime-t-il.

En effet, les membres fondateurs ne pouvaient pas être relégués à la manière des ligues fermées américaines comme la NBA ou la NFL. Injuste pour les petits budgets condamnés aux secondes loges.

Le propriétaire de Liverpool, club populaire par excellence, a présenté ses excuses publiquement. "Ces dernières 48 heures, vous avez clairement montré que ça ne marcherait pas. Je vous ai entendu", a promisJohn W Henry.

Comme lui, les 11 autres dirigeants sécessionnistes, se retrouvent ce mercredi pris en étau entre leur base et l'UEFA, qui n'exclut pas des sanctions. Mais "Le projet a déjà eu des conséquences, d'une certaine manière, puisqu'ils doivent vivre avec leur honte", a averti Karl-Erik Nilsson, l'un des vice-présidents de l'UEFA.