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Albanie : le Premier ministre socialiste sortant, Edi Rama, en passe de remporter le scrutin

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Albanie : le Premier ministre socialiste sortant, Edi Rama, en passe de remporter le scrutin
Tous droits réservés  Hektor Pustina/Associated Press
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En Albanie, le parti socialiste du Premier ministre Edi Rama est en passe de remporter les élections législatives, selon un sondage réalisé à la sortie des bureaux de vote par MRB (groupe Kantar) pour Euronews Albanie.

Ce scrutin est crucial pour ce pays des Balkans, qui a intégré l'OTAN en 2009, et qui souhaite devenir membre de l'Union européenne.

Le parti démocrate arriverait en deuxième position, il s'agit d'une formation de centre droit alliée à une dizaine de partis de tous bord. Enfin, le Mouvement socialiste de l'intégration (MSI) fondé par le président Ilir Meta, semble fermer la marche du podium.

Sur les 140 sièges en jeu, les socialistes en rafleraient au moins 68, la majorité absolue n'est donc pas certaine. Au moins 60 sièges reviendraient aux démocrates, deuxième force politique du pays. Les résultats définitifs sont attendus au plus tard mercredi.

Ouverture des négociations d'adhésion

Après une campagne acrimonieuse émaillée d'insultes, d'accusations de corruption et d'incidents violents, le scrutin surveillé de très près par les capitales occidentales s'est passé sans heurts.

Le "processus s'est déroulé dans le calme et l'intégrité", a déclaré, après la fermeture des bureaux de vote à 17H00 GMT, Ilirjan Celibashi, le président de la Commission électorale centrale (CEC), appelant les partis à observer le même calme pendant le dépouillement des bulletins.

Depuis la fin du communisme en Albanie au début des années 1990, les résultats électoraux sont systématiquement contestés et donnent lieu à des soupçons de fraudes. Ce pays pauvre, victime d'un tremblement de terre dévastateur fin 2019, accuse durement le coût économique et sanitaire de la pandémie provoquée par le coronavirus qui y a fait près de 2 400 morts.

Beaucoup d'Albanais souhaitent de meilleures conditions vie, le salaire moyen n'étant que de 420 euros et les jeunes cherchant massivement leur salut dans l'émigration en Italie, en Allemagne ou aux Etats-Unis.

Bruxelles a dit oui à l'ouverture de négociations d'adhésion avec l'Albanie mais sans fixer de date. Tous promettent de mener à leur terme les changements nécessaires, à commencer par la réforme du système judiciaire et la lutte contre la criminalité organisée.

Edi Rama accuse ses adversaires d'avoir pour seul point commun la volonté de le renverser mais promet de se retirer s'il n'obtient pas la majorité parlementaire. Il réclame du temps pour finir les projets d'infrastructures entravés par la pandémie et continuer de reconstruire les milliers de logements détruits par le séisme.

Cet artiste-peintre de 56 ans mise sur une campagne de vaccination massive qui doit permettre l'immunisation fin mai d'un demi-million d'Albanais et la relance de l'industrie touristique.

Un militant tué

La vie politique albanaise est souvent marquée par l'outrance verbale et une rhétorique incendiaire. La campagne s'était tendue dans les derniers jours, avec la mort d'un militant socialiste abattu dans une fusillade avec des démocrates qui accusaient le camp adverse d'achats de voix.

Les Etats-Unis comme l'Union européenne ont demandé une enquête rapide. En cas de manipulation du scrutin par les socialistes, les "fourches seront là", avait averti le président Meta, ce qui lui a valu une volée de bois vert de Washington.

"Que quiconque dise que les citoyens prendront les +fourches+ est inacceptable", a déclaré sur Twitter l'ambassadrice des Etats-Unis à Tirana Yuri Kim. "Ceux qui incitent à la violence seront tenus pour responsables".

Des ambassadeurs occidentaux se sont déplacés dimanche dans différentes bureaux de vote tandis que l'OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) avait également déployé des observateurs.