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Les organisations d'Alexeï Navalny classées "extrémistes", donc interdites par la justice russe

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La justice russe s'est encore attaquée à l'opposant politique Alexeï Navalny en classant comme extrémistes sa Fondation de lutte contre la corruption et ses organisations. Cela revient à les interdire.

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En Russie, la justice vient de classer les organisations fondées par Alexeï Navalny comme extrémistes, ce qui revient à les interdire.

La décision du tribunal, qui prend effet immédiatement, empêche notamment les personnes associées à la Fondation Navalny pour la lutte contre la corruption (FBK) de se présenter à des fonctions publiques (pendant 5 ans, 3 ans et un an selon les fonctions exercées au sein du FBK). De nombreux alliés de l'opposant politique russe avaient espéré se présenter aux élections législatives du 19 septembre prochain.

Ce classement comme entité extrémiste implique aussi des peines de prison pour les militants qui continueraient à travailler avec ces organisations et pour toute personne qui leur ferait encore des dons.

La répression de la dissidence politique menée en sous-main par le président Vladimir Poutine est donc encore montée d'un cran.

Avant le jugement, l'avocat Ivan Pavlov avait anticipé ce résultat, et l'avait critiquée :

"Les autorités pensent que le désir des gens ordinaires pour un changement de gouvernement est extrémiste par nature. Pourtant la possibilité d'un changement de gouvernement est bien un principe constitutionnel inscrit dans la Constitution russe actuelle."

Malgré tout, un message publié mercredi soir sur le compte Instagram d'Alexeï Navalny a appelé ses partisans à continuer à le soutenir, et à se rallier aux consignes de vote de son équipe pour les élections législatives de l'automne.

Alexeï Navalny a été arrêté en janvier à son retour d'Allemagne, où il a passé cinq mois à se remettre d'un empoisonnement par un agent neurotoxique. Un empoisonnement qu'il impute au Kremlin, une accusation évidemment rejetée par Moscou.

En février, l'opposant politique russe a été condamné à une peine de deux ans et demi de prison pour avoir enfreint les termes d'une condamnation avec sursis pour détournement de fonds affirme la justice russe. Un procès politique destiné à l'évincer selon toutes les organisations de défense des droits de l'homme.

Il vient de sortir de l'hôpital pour retourner dans sa colonie pénitentiaire après une grève de la faim.

L'Union européenne et de nombreuses autres voix continuent de réclamer sa libération.

Les Etats-Unis ont condamné une décision de la justice russe "particulièrement inquiétante", tandis que le Royaume-Uni l'a qualifiée de "perverse".

"Cette décision place les employés, les bénévoles et des milliers de sympathisants à travers la Russie sous la menace de poursuites pénales et d'incarcération pour l'exercice de droits humains fondamentaux garantis par la Constitution russe", a dit le porte-parole de la diplomatie américaine Ned Price, appelant une nouvelle fois à la libération "immédiate et inconditionnelle" de l'opposant.

"Il s'agit d'une nouvelle attaque kafkaïenne contre ceux qui se dressent contre la corruption et pour des sociétés ouvertes, et d'une tentative délibérée de mettre effectivement hors la loi la véritable opposition en Russie", a déclaré pour sa part le ministre britannique des Affaires étrangères, Dominic Raab

Sources additionnelles • AP, AFP

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