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Réélue à la tête du Rassemblement national, Marine Le Pen met le cap sur la présidentielle de 2022

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Par Guillaume Petit  & euronews avec AFP
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Réélue à la tête du Rassemblement national, Marine Le Pen met le cap sur la présidentielle de 2022
Tous droits réservés  RAYMOND ROIG / AFP
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Sans surprise, Marine Le Pen a été réélue ce dimanche présidente du Rassemblement national (RN), lors du Congrès de Perpignan, avec un score de 98%. Le reste des bulletins étaient blancs ou nuls. Seule candidate à sa succession, Marine Le Pen a dit vouloir mettre en place "un gouvernement d'union nationale autour d'un projet de paix civile" si elle est élue à la présidentielle de 2022.

Malgré un échec aux régionales, elle estime avoir fait de son mouvement "un parti de gouvernement", dix ans après avoir succédé à son père en janvier 2011._ "Nous devons (...) non pas nous enfermer dans des postures mais continuer à nous ouvrir à toutes les forces politiques, associatives ou de la société civile et plus largement à tous les Français qui souhaitent ne pas rester spectateurs"_, a ajouté la cheffe du RN, en dénonçant la "facilité des outrances" ou des "attitudes belliqueuses".

Marine Le Pen a salué le fait que "(son) analyse était désormais presque unanimement partagée". Mais "il nous faut plus que jamais passer à l'étape suivante" et "transformer cette victoire idéologique en victoire électorale", a souligné la candidate à l'Elysée. Et "une victoire contre tout un système coalisé se bâtit, se construit, se conquiert et cette victoire, nous allons la chercher", a-t-elle insisté.

La présidente du Rassemblement national a également martelé qu'il n'y aurait "pas de retour au Front national". "Nous ne reviendrons pas en arrière. Avec tout le respect que nous avons pour notre propre histoire, nous ne reviendrons pas au Front national", a déclaré la présidente du Rassemblement national, réélue pour un quatrième mandat à la tête du parti autrefois présidé par son père Jean-Marie Le Pen, qu'elle a rebaptisé en 2018.

Façon, peut-être, de répondre à ceux qui l'accusent de s'être "normalisée" depuis son échec à remporter une région lors des élections régionales et départementales, qui se sont soldées par un recul en pourcentage des voix, au niveau national. Sur le plan européen, il n'est effectivement plus question de sortir de l'euro ou de proposer un référendum pour sortir (ou non) de l'Union européenne. La présidente du RN a d'ailleurs publié vendredi une déclaration avec une dizaine d"autres leaders européens, comme Matteo Salvini, le Premier ministre hongrois Viktor Orban, le chef du parti polonais Droit et justice Jaroslaw Kaczynski ou encore le patron de Vox en Espagne, Santiago Abascal.

Une sorte d'alliance qui précise les contours d'une ligne politique commune sur les questions européennes. Le groupe propose une réforme de l'Union européenne, accusée de "dépouiller la souveraineté des États" et promeut "l'élaboration de politiques favorables à la famille" comme réponse à la crise démographique, "plutôt que l'immigration de masse". _"_Nous sommes convaincus que la coopération des nations européennes doit être fondée sur la tradition, le respect de la culture et de l'histoire des nations européennes, le respect de l'héritage judéo-chrétien de l'Europe et des valeurs communes qui unissent nos nations, et non sur leur destruction", est-il écrit.

Cette déclaration acte en tout cas une mue, déjà entamée après l'échec à la présidentielle de 2017, sur les questions européennes de Marine Le Pen : la réforme de l'intérieur plutôt que le grand chambardement de l'extérieur, trop anxiogène pour ces électeurs qui hésitent encore à voter pour elle, notamment au sein de l'électorat plus âgé. Reste à savoir si cette inflexion ne fera pas fuir la base de son électorat en 2022.