Le président du tribunal judiciaire de Paris s’inquiète après des informations de presse indiquant que l’administration Trump aurait songé à placer sous sanctions des magistrats ayant condamné Marine Le Pen en première instance dans l’affaire du détournement de fonds européens.
Le président du tribunal judiciaire de Paris élève la voix à quelques jours de l’ouverture du procès en appel de Marine Le Pen.
Peimane Ghaleh-Marzban met en garde contre une éventuelle "ingérence inacceptable et intolérable" après des menaces de sanctions américaines à l’encontre des juges qui ont condamné la présidente du Rassemblement national (RN) en première instance.
Dans l’affaire des assistants du FN (devenu RN), Marine Le Pen a été condamnée à cinq ans d’inéligibilité, avec effet immédiat, quatre ans d’emprisonnement, dont deux avec sursis, et 100 000 euros d’amende. Son procès en appel, et celui de onze autres prévenus, s’ouvre le 13 janvier.
Le président du tribunal judiciaire de Paris s’inquiète à la lecture d’un article paru dans Der Spiegel le 30 décembre.
Selon des sources de l’hebdomadaire allemand, l’administration Trump aurait songé, en mars dernier, à imposer des sanctions contre trois magistrats ayant traité le procès. L’administration américaine leur reprocherait la "censure" qu’ils feraient sur la présidente du RN.
Selon Der Spiegel, l’administration Trump songeait également, il y a plusieurs mois, à sanctionner des fonctionnaires allemands pour avoir classé comme "parti d’extrême droite" l'AfD.
Quelques jours après la condamnation de Marine Le Pen en première instance, Donald Trump avait estimé que la présidente du RN était victime d’une "chasse aux sorcières" par des "gauchistes européens qui se servent de l'arme judiciaire pour faire taire la liberté d'expression". Donald Trump n’avait cité ni l’exécutif, ni la justice française.
L’administration américaine n’a ni confirmé ni infirmé avoir réfléchi à des sanctions contre des magistrats français.
Le président du tribunal judiciaire de Paris lance néanmoins un appel à "nous élever contre la possibilité même que cela puisse être imaginé."
Dans l’hypothèse où la question de lancer des sanctions contre des magistrats français se serait posée à Washington, les récentes déclarations de Marine Le Pen ont, sans doute, froissé ses défenseurs américains.
La présidente du RN, qui n’a pas pour habitude de critiquer Donald Trump, s’est rangée dans le chœur des condamnations d’Absolute Resolve, l’opération américaine à Caracas. Selon Marine Le Pen, même s’il y avait "mille raisons de condamner le régime de Nicolas Maduro (…), la souveraineté des États n'est jamais négociable (…) Renoncer à ce principe aujourd'hui pour le Venezuela, pour n'importe quel État, reviendrait à accepter demain notre propre servitude."