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Tunisie : le président Kaïs Saïed prolonge le gel du Parlement, un mois après son coup de force

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Par euronews avec AFP
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Tunisie : le président Kaïs Saïed prolonge le gel du Parlement, un mois après son coup de force
Tous droits réservés  YASSINE MAHJOUB/AFP or licensors
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La fragile démocratie est-elle menacée en Tunisie, dix ans après que le pays a été le berceau des printemps arabes ? C'est l'une des craintes de la communauté internationale, alors que le flou demeure sur les intentions du président Kaïs Saïed.

L'homme fort à la tête du pays a décidé de prolonger "jusqu'à nouvel ordre" la suspension du parlement, décidée il y a un mois, après le coup de force du 25 juillet qui lui a permis de s'octroyer les pleins pouvoirs, de limoger le chef du gouvernement et donc de suspendre le parlement pendant 30 jours.

Ses plus fervents opposants, comme le parti islamiste Ennahda, avaient dénoncé un coup d'État. En réponse à ces accusations, Kaïs Saïed, spécialiste en droit constitutionnel qui se revendique hors système, dit avoir agi dans le cadre de la Constitution adoptée en 2014 et répète à ses détracteurs qu'il continuera à le faire.

Nombre de Tunisiens avaient d'ailleurs réagi positivement à ces mesures. Exaspérés par leur classe politique accusée d'incompétence et de corruption, une partie de la population attend des actes forts, dans un pays toujours confronté à de graves difficultés économiques et sociale, et alors que la crise du coronavirus a été particulièrement aiguë, avec un manque de moyens et de vaccins.

Incertitudes quant à l'avenir

Mais si le président tunisien bénéficie d'une forte popularité en Tunisie, son coup d'éclat préoccupe la communauté internationale, qui craint que le berceau des printemps arabes ne régresse vers l'autoritarisme.

La "purge" anti-corruption enclenchée par le président fait partie des motifs suscitant les craintes d'un recul des libertés en Tunisie. Des anciens responsables, hommes d'affaires, magistrats et députés sont visés par des arrestations, interdictions de voyage et assignations à résidence, sur simple décision du ministère de l'Intérieur, et sans justification, selon des défenseurs de droits de l'homme.

L'incertitude quant au projet de Kaïs Saïed demeure également. Un mois après son coup de force, le président tunisien n'a toujours pas nommé de nouveau gouvernement ni dévoilé de "feuille de route", comme le réclament plusieurs partis politiques et organisations de la société civile.

Le président a néanmoins prévu de s'adresser au peuple tunisien dans les prochains jours.