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En colère contre Rabat, Alger rompt toute relation diplomatique avec son voisin marocain

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Par Sandrine Delorme avec AFP, AP
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Chef de la diplomatie algérienne Ramtane Lamamra lors de son annonce à Alger, 24 août 2021
Chef de la diplomatie algérienne Ramtane Lamamra lors de son annonce à Alger, 24 août 2021   -   Tous droits réservés  Fateh Guidoum/Copyright 2021 The Associated Press. All rights reserved
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Après des mois de vives tensions entre l'Algérie et le Maroc, Alger a annoncé la rupture des relations diplomatiques avec Rabat. Le gouvernement accuse le royaume marocain de "n'avoir jamais cessé de mener des actions hostiles" à l'encontre de l'Algérie, de "mener une guerre ignoble contre le peuple algérien et ses dirigeants".

L'opposition des deux pays sur le dossier du Sahara occidental, la normalisation des relations entre le Maroc et Israël, et dernièrement en juillet, le soutien du Maroc aux Nations Unies à l'autodétermination du peuple de la région algérienne de Kabylie ont eu raison des liens diplomatiques des deux pays voisins.

"L'Algérie rejette de tels actes et comportements, cette logique de fait accompli et de politiques unilatérales qui ont des conséquences désastreuses pour les peuples de la région du Maghreb. L'Algérie rejette ce maintien d'anormalité qui plonge les pays du Maghreb dans un état d'insécurité constante" a expliqué le chef de la diplomatie algérienne Ramtane Lamamra.

Le Maroc a regretté cette décision unilatérale "complètement injustifiée mais attendue" de l'Algérie, condamnant une "logique d'escalade".

Fin juillet, le roi Mohamed VI avait déploré les "tensions" avec l'Algérie, et invité le président algérien Abdelmadjid Tebboune "à faire prévaloir la sagesse" tout en justifiant ses dernières positions politiques :

"Le Maroc, comme certains pays du Maghreb arabe, fait face à une agression délibérée et préméditée. S'accrochant à des positions préétablies et à des considérations obsolètes, les ennemis de l'intégrité territoriale du Royaume ne veulent pas que le Maroc reste la nation libre, forte et influente qu'il a toujours été..." avait-il déclaré.

Alger accuse aussi Rabat de soutenir un mouvement indépendantiste kabyle qu'il accuse d'être à l'origine des gigantesques incendies qui ont fait au moins 90 morts dans le nord du pays, en Kabylie.

Mais au Maroc, dans la capitale, de nombreux habitants déplorent la décision algérienne :

"C'est une mauvaise décision, il n'y a aucune raison de le faire, c'est comme couper les relations avec votre voisin du palier d'à côté. Nous faisons tous partie de l'union du Maghreb : l'Algérie, la Tunisie. .. nous sommes tous les mêmes, il n'y a pas de différence, couper les liens, ça ne s'est passé qu'au niveau des gouvernements" explique Mohamed, chauffeur de bus à Rabat.

Cette rupture diplomatique n'est pas une première. Le 7 mars 1976, c'était Rabat qui avait mis fin à ses relations avec Alger. L'Algérie venait de reconnaître la République arabe sahraouie démocratique, autoproclamée par les indépendantistes du Front Polisario, au Sahara occidental.