DERNIERE MINUTE
This content is not available in your region

Démonstration de force pour un Jair Bolsonaro en perte de vitesse

Access to the comments Discussion
Par Euronews avec AFP
euronews_icons_loading
Un manifestant pro-Bolsonaro ce mardi matin à Rio de Janeiro
Un manifestant pro-Bolsonaro ce mardi matin à Rio de Janeiro   -   Tous droits réservés  MAURO PIMENTEL/AFP or licensors
Taille du texte Aa Aa

A Brasilia, Sao Paulo ou Rio, des dizaines de milliers de manifestants ont envahi mardi les rues, à l'appel du président Jair Bolsonaro qui leur a promis d'écrire "une nouvelle histoire" pour le Brésil.

Le président d'extrême droite a voulu faire de la fête nationale du 7-Septembre une démonstration de force en appelant "des foules gigantesques" à lui apporter leur soutien en pleine crise institutionnelle.

Jair Bolsonaro a remis en question le processus électoral au Brésil, "une farce" selon lui. Une rhétorique à la Donald Trump, alors qu'il est donné perdant à l'élection de 2022.

Engagé dans un bras de fer avec la Cour suprême qui a ouvert plusieurs enquêtes contre lui, le président d'extrême droite, aux abois, jouait son va-tout mardi.

C'est à Brasilia, quadrillée par plus de 5 000 policiers, qu'a commencé cette fête de l'Indépendance atypique. Bolsonaro a survolé en hélicoptère l'immense esplanade des Ministères avant de haranguer la foule importante qui l'a accueilli aux cris de "Mito, Mito !" ("le Mythe", son surnom).

"À partir d'aujourd'hui, une nouvelle histoire commence à être écrite au Brésil"
Jair Bolsonaro
Président brésilien

"À partir d'aujourd'hui, une nouvelle histoire commence à être écrite au Brésil", a-t-il lancé sous les ovations.

"Nous ne voulons pas de rupture. Nous ne voulons pas nous battre avec les autres pouvoirs. Mais nous ne pouvons pas permettre que quiconque mette en péril notre liberté", a-t-il ajouté.

C'est du camp du président d'extrême droite qu'est venue l'alerte dans la nuit de lundi à mardi, lorsque des centaines de ses sympathisants, à bord de camions, ont brisé des barrières et pénétré dans l'avenue menant au Congrès et à la Cour suprême (STF), qui avait été fermée à la circulation par mesure de sécurité.

"On vient d'entrer ! La police n'a pas pu arrêter le peuple ! Et demain nous allons envahir le STF !", a crié l'un d'eux, s'inspirant visiblement de l'invasion spectaculaire du Capitole aux Etats-Unis par des soutiens de l'ex-président Donald Trump, en janvier dernier.

Le chef de l'Etat, dont la popularité est en berne dans tous les sondages à un peu plus d'un an de la présidentielle, espère faire de cette journée une implacable démonstration de force.

Il a provoqué une grave crise institutionnelle en déclarant la guerre à la Cour suprême après l'ouverture d'enquêtes contre lui.

"Rupture" institutionnelle

Vendredi dernier, il n'avait pas hésité à dire que cette journée de mobilisation constituerait un "ultimatum" pour la Cour suprême. Samedi, il a même évoqué la possibilité d'une "rupture" institutionnelle.

Mais l'opposition a prévu de descendre elle aussi dans la rue ce mardi, inquiète des menaces que fait peser sur la démocratie le président.

D'importants dispositifs de sécurité ont été mis en place dans les grandes villes, en priorité à Brasilia, puis à Sao Paulo, afin d'éviter tout débordement.

Cortèges de bolsonaristes et d'anti-Bolsonaro ne devraient pas se croiser. En tout cas sur le papier.

A Sao Paulo, plus grande métropole du Brésil, Jair Bolsonaro a annoncé compter sur "deux millions" de sympathisants sur l'Avenue Paulista, où il devrait prononcer un discours plus enflammé qu'à Brasilia.`

Pendant ce temps, le principal cortège anti-Bolsonaro doit partir à trois kilomètres de là, au Vale do Anhangabau, en centre-ville.

Policiers manifestants

Au Brésil, les spécialistes en sécurité craignent notamment la présence de policiers militaires armés lors des manifestations.

D'après un sondage publié dimanche par le quotidien O Globo, 30% de ces policiers avaient l'intention de descendre dans la rue mardi, même si le règlement leur interdit de prendre part à des manifestations politiques, y compris lors de leurs jours de congés.

La semaine dernière, Jair Bolsonaro avait vivement critiqué les juges et les gouverneurs d'Etats qui envisagent de punir les policiers présents pour le soutenir lors des cortèges du 7-Septembre.

"C'est un crime (d'interdire les manifestations de policiers), digne d'une dictature. Ils veulent que le mouvement soit moins important, alors qu'un policier en civil, en congé peut justement aider à mener à bien la sécurité de l'événement", a-t-il lancé.

Bolsonaro n'a jamais été aussi impopulaire depuis son arrivée au pouvoir en janvier 2019. Dans les sondages, il est largement distancé par l'ex-président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva dans les intentions de vote pour l'élection d'octobre 2022.

Jair Bolsonaro est visé par plusieurs enquêtes de la Cour suprême, notamment pour dissémination de fausses informations. Et au Sénat, une Commission d'enquête passe au crible depuis plusieurs mois sa gestion de la pandémie, jugée chaotique par les spécialistes, dans un pays où plus de 580.000 personnes sont mortes de Covid-19.