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Le Soudan se prépare à un samedi de manifestations

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Par Euronews  avec AFP
Manifestation à Khartoum (Soudan), vendredi 29 octobre 2021
Manifestation à Khartoum (Soudan), vendredi 29 octobre 2021   -   Tous droits réservés  Marwan Ali/Copyright 2021 The Associated Press. All rights reserved.

Les forces de sécurité ont tiré vendredi des grenades lacrymogènes contre des manifestants hostiles au coup d'Etat militaire au Soudan à la veille de manifestations monstres qui seront, a prévenu Washington, "un test" pour l'armée après la mort déjà de huit manifestants.

Depuis le putsch mené lundi par le général Abdel Fattah Burhane qui a coupé net les espoirs d'une transition démocratique dans ce pays miné par les conflits, les forces de sécurité ont régulièrement recouru à la force pour dégager les avenues de Khartoum barrées par les barricades des partisans d'un pouvoir civil.

Depuis lundi, les balles réelles comme en caoutchouc ont régulièrement plu dans plusieurs quartiers de la capitale où au moins huit manifestants ont été tués et plus de 170 blessés par les forces de sécurité, selon des médecins. Un bilan qui pourrait s'avérer beaucoup plus lourd.

Cela n'entame pas pour autant la détermination des protestataires, décidés à relancer la transition vers des élections libres dans un pays sous la férule des militaires de façon quasi-inimterrompue depuis son indépendance en 1956.

Journée "test"

Les Etats-Unis ont exhorté l'armée à ne pas réprimer violemment les manifestations prévues samedi, prévenant qu'ils surveilleraient la réaction des généraux.

Samedi, les opposants au putsch promettent "un million" de Soudanais dans les rues. Leurs slogans sont clairs: "Burhane, quitte le pouvoir" ou encore "Burhane à Kober!"(Ndlr: Kober est la prison de haute sécurité à Khartoum, où est détenu aujourd'hui Omar el-Béchir)

Lundi, le général Burhane a totalement rebattu les cartes au Soudan, où civils et militaires s'étaient engagés après la chute de Béchir à s'associer au sein d'autorités intérimaires pour mener le pays vers des élections libres fin 2023.

Le matin du putsch, des soldats ont raflé le Premier ministre Abdallah Hamdok, la plupart de ses ministres et les membres civils du Conseil en charge de la transition. Le lendemain, M. Hamdok a été ramené chez lui mais il n'est "pas libre de ses mouvements", selon l'ONU.

Outre l'arrestation de nombreux responsables civils, les nouvelles autorités, cherchant à museler toute opposition au putsch, continuaient d'arrêter vendredi des figures politiques, des militants et même des passants.

Mais la communauté internationale maintient la pression. Le patron de l'ONU, Antonio Guterres, a enjoint vendredi l'armée "à la retenue" face aux manifestants, "le peuple soudanais doit être autorisé à manifester pacifiquement", a affirmé, de son côté, le président américain Joe Biden.