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Silvia Pastorelli : "Les compensations carbone n'empêchent pas le réchauffement de notre planète"

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Par Yolaine De Kerchove Dexaerde
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Silvia Pastorelli : "Les compensations carbone n'empêchent pas le réchauffement de notre planète"
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La COP 26 s’est ouverte ce lundi 1er novembre à Glasgow. Les dirigeants du monde entier y sont rassemblés pour proposer des solutions visant à limiter le réchauffement climatique. Comment s'est passé la première semaine de ce sommet sur le climat ? Stefan Grobe a posé la question à Silvia Pastorelli, conseillère politique à l'unité européenne de Greenpeace.

Tout d'abord, donnez-nous votre impression générale, comment se déroule la COP26 jusqu'à présent, sont-ils sur la bonne voie ?

Silvia Pastorelli : "Nous avons déjà vu quelques développements importants au cours des derniers jours. Cependant, le risque que les négociations prennent du retard et se transforment en greenwashing est à portée de main".

Le risque est grand que les gouvernements se concentrent beaucoup sur les compensations, alors que nous savons que les compensations carbone n'empêchent pas les émissions de CO2 de réchauffer notre planète, mais sont une simulation pour retarder les véritables réductions d'émissions
Silvia Pastorelli
conseillère politique à l'unité européenne de Greenpeace

Les écologistes ont toujours dit qu'une véritable action en faveur du climat exigeait de grands changements de la part de chaque citoyen, comme conduire des voitures électriques, renoncer au chauffage au gaz ou prendre moins l'avion à l'avenir. Les gens sont-ils prêts à cela ?

"Soyons clairs : la crise climatique provoquera et provoque déjà d'énormes perturbations, que les gens soient prêts ou non. Nous le voyons avec les incendies de forêt, les sécheresses, les tempêtes tropicales, etc. Tout cela est de plus en plus meurtrier. Ils sont de plus en plus intenses, ils sont de plus en plus coûteux. Je comprends donc votre question. Mais je pense que le coût de l'inaction ou du manque d'efforts dépasse de loin le coût des changements que nous devons opérer.Et je pense qu'il est important de se rappeler qu'en fin de compte, la lutte contre la crise climatique ne se résumera pas tant à des choix individuels, comme éteindre les lumières, ce qui est bien sûr une chose positive et importante à faire, mais elle se résumera à la volonté des gouvernements d'éliminer progressivement l'industrie des combustibles fossiles. Et la question qui se pose aux dirigeants à cette COP est de savoir s'ils sont prêts à le faire ou non".

Que doit-il se passer pour que Greenpeace considère la COP26 comme un succès ?

Silvia Pastorelli : "Le succès à Glasgow ressemblerait à ceci : Tout d'abord, il faut que les gouvernements déclarent que l'ère des combustibles fossiles est terminée et qu'à partir de ce jour, il n'y aura plus de charbon, plus de pétrole, plus de projets de gaz fossiles. Nous devons également réduire de moitié les émissions mondiales de CO2 d'ici 2030, et nous devons rejeter clairement les projets actuels de marché mondial des compensations de carbone, car ils ne fonctionnent pas. Enfin, dernier point mais pas le moindre, les pays riches doivent faire preuve de solidarité avec les pays en première ligne et vulnérables. Les pays moins développés se sont vu promettre un milliard de dollars par an pour s'adapter à l'impact de la crise climatique. Et cela ne s'est pas encore concrétisé".

Journaliste • Yolaine De Kerchove Dexaerde